ﻁ amour femme et poeme - news poeme amour

amour femme et poeme

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Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois! tout ce que je sens! tout ce que j’entends dans tes cheveux! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique.
Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l’espace est plus bleu et plus profond, où l’atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.
Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d’hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l’éternelle chaleur.
Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d’un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.
Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.

Charles Baudelaire | 1821 – 1867

 

 

Amour

 

 

Belle et douce nuit princesse...
Que l‘ange de la tendresse...
Te couvre de caresses...
Telle la plus belle des déesses...

Qu'il effleure de ses ailes...
En tout point pareil...
Ton sublime visage...
Pour te donner ombrage...

Ombrage d'une nuit de douceur...
Et d‘apaisement de ton cœur...
Enjôlé de mot doux...
Subtilement déposé dans ton cou...

Et enfin apaisée de cette nuit...
Te semble meilleure ta vie...
Pour donner force à ton cœur...
Adouci par cette nuit de douceur...

Et cet ange de la douceur sera toi.
Si tu y crois...
Et pour l‘éternité...
Ton cœur sera apaisé

Les mots

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 » Les mots, s’ils ne sont pas ressentis par celui qui les entend, ne lui parleront pas. Il ne pourra qu’écouter mais ne pourra pas comprendre…. »

Les mots

 

 

Retrouvez le meilleur d’Alphonse Allais

un humoriste de talent jusqu’à l’absurde

Un poème de  Louis Aragon un des plus grands poètes

du 20° siècle avec Jacques Prévert ou Antoine de Saint-Exupéry

j’aime beaucoup de texte

sobre, délicat, c’est Louis Aragon

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L’été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur T

es yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots

Pour toutes les chansons et pour tous les hélas

Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres

Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images

Écarquille les siens moins démesurément

Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens

On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où

Des insectes défont leurs amours violentes

Je suis pris au filet des étoiles filantes

Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende

Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu

Ô paradis cent fois retrouvé reperdu

Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa

Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent

Moi je voyais briller au-dessus de la mer

Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa

par Louis Aragon

Un petit texte d’Antoine de Saint Exupéry, un auteur que j’aime beaucoup

la lecture du petit prince m’avait ébranlé par sa justesse et sa pertinence

La grandeur de la prière

réside d’abord en ce

qu’il n’y est point répondu

et que n’entre point dans

cet échange la laideur

d’un commerce.

Antoine de Saint Exupéry

Quand la vie a fini de jouer
la mort remet tout en place

La vie s’amuse
la mort fait le ménage
peu importe la poussière qu’elle cache sous le tapis

Il y a tant de belles choses qu’elle oublie

La belle vie

Un tetxe de Jacques prévert

Un des poèmes d’Alphonse de Lamartine, Alphonse de Lamartine est un des plus grands poètes français du 19 ème siècle.

voici le poème apparition

les poèmes d’Alphonse de Lamartine

Toi qui du jour mourant consoles la nature,
Parais, flambeau des nuits, lève-toi dans les cieux;
Etends autour de moi, sur la pâle verdure,
Les douteuses clartés d’un jour mystérieux!
Tous les infortunés chérissent ta lumière;
L’éclat brillant du jour repousse leurs douleurs :
Aux regards du soleil ils ferment leur paupière,
Et rouvrent devant toi leurs yeux noyés de pleurs.

Viens guider mes pas vers la tombe
Où ton rayon s’est abaissé,
Où chaque soir mon genou tombe
Sur un saint nom presque effacé.
Mais quoi! la pierre le repousse!…
J’entends!… oui! des pas sur la mousse!
Un léger souffle a murmuré;
Mon oeil se trouble, je chancelle :
Non, non, ce n’est plus toi; c’est elle
Dont le regard m’a pénétré!…

Est-ce bien toi? toi qui t’inclines
Sur celui qui fut ton amant?
Parle; que tes lèvres divines
Prononcent un mot seulement.
Ce mot que murmurait ta bouche
Quand, planant sur ta sombre couche,
La mort interrompit ta voix.
Sa bouche commence… Ah! j’achève :
Oui, c’est toi! ce n’est point un rêve!
Anges du ciel, je la revois!…

Ainsi donc l’ardente prière
Perce le ciel et les enfers!
Ton âme a franchi la barrière
Qui sépare deux univers!
Gloire à ton nom, Dieu qui l’envoie!
Ta grâce a permis que je voie
Ce que mes yeux cherchaient toujours.
Que veux-tu? faut-il que je meure?
Tiens, je te donne pour cette heure
Toutes les heures de mes jours!

Mais quoi! sur ce rayon déjà l’ombre s’envole!
Pour un siècle de pleurs une seule parole!
Est-ce tout?… C’est assez! Astre que j’ai chanté,
J’en bénirai toujours ta pieuse clarté,
Soit que dans nos climats, empire des orages,
Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages,
Tu perces rarement la triste obscurité;
Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière,
Dans un limpide azur poursuivant ta carrière,
Des couleurs du matin tu dores les coteaux;
Ou que, te balançant sur une mer tranquille,
Et teignant de tes feux sa surface immobile,
Tes rayons argentés se brisent dans les eaux!

un des plus beaux textes de la littérature français
un texte de Louis Aragon mis en chanson par Jean ferrat
Les poèmes de Louis Aragon
Que serai je sans toi
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines

Et j’ai vu désormais le monde à ta façon

J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines

Comme au passant qui chante on reprend sa chanson

J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontreQue serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne

Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu

Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne

Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne

Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux

Tu m’as pris par la main comme un amant heureux.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes

N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue

Une corde brisée aux doigts du guitariste

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe

Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.

Terre, terre, voici ses rades inconnues.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un coeur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement.

Je sais je sais Tout est à faire

Dans ce siècle où la mort campait

Et va voir dans la stratosphère

Si c’est la paix

Éteint ici là-bas qui couveLe feu court on voit bien comment

Quelqu’un toujours donne à la louve

Un logement

Quelqu’un toujours quelque part rêveSur la table d’être le poing

Et sous le manteau de la trêve

Il fait le point

C’est la paix qui force le crime

À s’agenouiller dans l’aveu

Et qui crie avec les victimes

Cessez le feu

Jacques Prévert, sa poésie est incroyablement douce, elle coule sans accroche, les mots s’accordent de façon incroyable. prévert

ses textes sont ciselés et tombent juste

un de ses plus beaux textes est le poème du cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le coeur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur
il est debout

on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur

Jacques Prévert

Un poème qui exprime l’enfance, la joie de vivre, le bonheur, et une incroyable simplicité.