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Un poème de  Louis Aragon un des plus grands poètes

du 20° siècle avec Jacques Prévert ou Antoine de Saint-Exupéry

j’aime beaucoup de texte

sobre, délicat, c’est Louis Aragon

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire

J’ai vu tous les soleils y venir se mirer

S’y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent

L’été taille la nue au tablier des anges

Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur T

es yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit

Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie

Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée

Sept glaives ont percé le prisme des couleurs

Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs

L’iris troué de noir plus bleu d’être endeuillé

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche

Par où se reproduit le miracle des Rois

Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche

Une bouche suffit au mois de Mai des mots

Pour toutes les chansons et pour tous les hélas

Trop peu d’un firmament pour des millions d’astres

Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux

L’enfant accaparé par les belles images

Écarquille les siens moins démesurément

Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens

On dirait que l’averse ouvre des fleurs sauvages

Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où

Des insectes défont leurs amours violentes

Je suis pris au filet des étoiles filantes

Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d’août

J’ai retiré ce radium de la pechblende

Et j’ai brûlé mes doigts à ce feu défendu

Ô paradis cent fois retrouvé reperdu

Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Il advint qu’un beau soir l’univers se brisa

Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent

Moi je voyais briller au-dessus de la mer

Les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa les yeux d’Elsa

par Louis Aragon

Quand la vie a fini de jouer
la mort remet tout en place

La vie s’amuse
la mort fait le ménage
peu importe la poussière qu’elle cache sous le tapis

Il y a tant de belles choses qu’elle oublie

La belle vie

Un tetxe de Jacques prévert

Un des poèmes d’Alphonse de Lamartine, Alphonse de Lamartine est un des plus grands poètes français du 19 ème siècle.

voici le poème apparition

les poèmes d’Alphonse de Lamartine

Toi qui du jour mourant consoles la nature,
Parais, flambeau des nuits, lève-toi dans les cieux;
Etends autour de moi, sur la pâle verdure,
Les douteuses clartés d’un jour mystérieux!
Tous les infortunés chérissent ta lumière;
L’éclat brillant du jour repousse leurs douleurs :
Aux regards du soleil ils ferment leur paupière,
Et rouvrent devant toi leurs yeux noyés de pleurs.

Viens guider mes pas vers la tombe
Où ton rayon s’est abaissé,
Où chaque soir mon genou tombe
Sur un saint nom presque effacé.
Mais quoi! la pierre le repousse!…
J’entends!… oui! des pas sur la mousse!
Un léger souffle a murmuré;
Mon oeil se trouble, je chancelle :
Non, non, ce n’est plus toi; c’est elle
Dont le regard m’a pénétré!…

Est-ce bien toi? toi qui t’inclines
Sur celui qui fut ton amant?
Parle; que tes lèvres divines
Prononcent un mot seulement.
Ce mot que murmurait ta bouche
Quand, planant sur ta sombre couche,
La mort interrompit ta voix.
Sa bouche commence… Ah! j’achève :
Oui, c’est toi! ce n’est point un rêve!
Anges du ciel, je la revois!…

Ainsi donc l’ardente prière
Perce le ciel et les enfers!
Ton âme a franchi la barrière
Qui sépare deux univers!
Gloire à ton nom, Dieu qui l’envoie!
Ta grâce a permis que je voie
Ce que mes yeux cherchaient toujours.
Que veux-tu? faut-il que je meure?
Tiens, je te donne pour cette heure
Toutes les heures de mes jours!

Mais quoi! sur ce rayon déjà l’ombre s’envole!
Pour un siècle de pleurs une seule parole!
Est-ce tout?… C’est assez! Astre que j’ai chanté,
J’en bénirai toujours ta pieuse clarté,
Soit que dans nos climats, empire des orages,
Comme un vaisseau voguant sur la mer des nuages,
Tu perces rarement la triste obscurité;
Soit que sous ce beau ciel, propice à ta lumière,
Dans un limpide azur poursuivant ta carrière,
Des couleurs du matin tu dores les coteaux;
Ou que, te balançant sur une mer tranquille,
Et teignant de tes feux sa surface immobile,
Tes rayons argentés se brisent dans les eaux!