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Guy de Maupassant - Textes nouvelles romans Poèmes écrit par Guy de Maupassant



Guy de Maupassant histoire et biographie de Maupassant

Guy de Maupassant l'homme de lettre

 Guy de Maupassant

Guy de Maupassant (5 août 1850-6 juillet 1893) est un écrivain français, auteur de Romans et de Contes.

 

maupassant

 

Guy de Maupassant était un ami de Gustave Flaubert et Émile Zola. Son oeuvre a marqué la Littérature française de son empreinte. sa carrière littéraire est limité à 10 ans seulement il sombra peu à peu dans la folie. et meurt à l'age de 42 ans.

 

Boule de Suif (1880)

La Maison Tellier (1881)

Une partie de campagne (1881)
Une vie (1883)
Mademoiselle Fifi (1882)

Contes de la bécasse (1883)

Au soleil (1884)
Clair de Lune (1883)

Les sœurs Rondoli (1884)
Yvette (1884)
Miss Harriet (1884)
Adieu(1884)
Monsieur Parent (1885)
Bel-Ami (1885)
Contes du jour et de la nuit (1885)
La Petite Roque (1886)
Toine (1886)
Mont-Oriol (1887)
Le Horla (1887)

Sur l’eau (1888)
Pierre et Jean (1888)

Le Rosier de madame Husson (1888)
L’héritage (1888)
Fort comme la mort (1889)

La Main gauche (1889)

Histoire d’une fille de ferme (1889)
La vie errante (1890)
Notre Coeur (1890)
L’Inutile beauté

Le père Millon (1899, posthume)
Le colporteur (1900)
Les dimanches d’un bourgeois de Paris (1900)

 

Découvrez Guy De Maupassant

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Menuet

Contes de la bécasse
Menuet

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Paul Bourget

Les grands malheurs ne m'attristent guère, dit Jean Bridelle, un vieux garçon qui passait pour sceptique. j'ai vu la guerre de bien près: j'enjambais les corps sans apitoiement. Les fortes brutalités de la nature ou des Hommes peuvent nous faire pousser des cris d'horreur ou d'indignation, mais ne nous donnent point ce pincement au cœur, ce frisson qui vous passe dans le dos à la vue de certaines petites choses navrantes.

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Le Testament

Contes de la bécasse
Le Testament

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Paul Hervieu.

Je connaissais ce grand garçon qui s’appelait René de Bourneval. Il était de commerce aimable, bien qu’un peu triste, semblait revenu de tout, fort sceptique, d’un scepticisme précis et mordant, habile surtout à désarticuler d’un mot les hypocrisies mondaines. Il répétait souvent: " Il n’y a pas d’Hommes honnêtes; ou du moins ils ne le sont que relativement aux crapules. "

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Un Fils

Contes de la bécasse

Un Fils

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À René Maizeroy.

Ils se promenaient, les deux vieux amis, dans le jardin tout fleuri où le gai Printemps remuait de la vie.

 

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En mer

Contes de la bécasse
En mer

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Henry Céara

On lisait dernièrement dans les journaux les lignes suivantes:

BOULOGNE-SUR-MER, 22 Janvier. – On nous écrit:

"Un affreux malheur vient de jeter la consternation parmi notre population maritime déjà si éprouvée depuis deux années. Le bateau de pêche commandé par le patron Javel, entrant dans le port, a été jeté à l’Ouest et est venu se briser sur les roches du brise-lames de la jetée.

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La Bécasse

Contes de la bécasse
La Bécasse
La Bécasse de Guy de Maupassant

Le vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des chasseurs de sa province. Mais, depuis cinq à six années, une paralysie des jambes le clouait à son fauteuil, et il ne pouvait plus que tirer des pigeons de la fenêtre de son salon ou du haut de son grand perron.

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Pierrot

Contes de la bécasse
Pierrot

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Henri Roujon

Mme Lefèvre était une dame de campagne, une veuve, une de ces demi-paysannes à rubans et à chapeaux à falbalas, de ces personnes qui parlent avec des cuirs, prennent en public des airs grandioses, et cachent une âme de brute prétentieuse sous des dehors comiques et chamarrés, comme elles dissimulent leurs grosses mains rouges sous des gants de soie écrue.

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Aux champs

Contes de la bécasse
Aux champs

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Octave Mirbeau.

Les deux chaumières étaient côte à côte, au pied d’une colline, proches d’une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inféconde pour élever tous leurs petits. Chaque ménage en avait quatre. Devant les deux portes voisines, toute la marmaille grouillait du matin au soir. Les deux aînés avaient six ans et les deux cadets quinze mois environ; les mariages et, ensuite les naissances, s’étaient produites à peu près simultanément dans l’une et l’autre maison.

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Saint-Antoine

Contes de la bécasse
Saint-Antoine

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

A X. Charmes.

On l’appelait Saint-Antoine, parce qu’il se nommait Antoine, et aussi peut-être parce qu’il était bon vivant, joyeux, farceur, puissant mangeur et fort buveur, et vigoureux trousseur de servantes, bien qu’il eût plus de soixante ans.

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La Rempailleuse

Contes de la bécasse
La Rempailleuse

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Léon Hennique

C’était la fin du dîner d’ouverture de chasse chez le marquis de Bertrans. Onze chasseurs, huit jeunes Femmes et le médecin du pays étaient assis autour de la grande table illuminée, couverte de fruits et de Fleurs.

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L’Aventure de Walter Schnaffs

Contes de la bécasse
L’Aventure de Walter Schnaffs

Guy de Maupassan et les Contes de la bécasse

A. Robert Pinchon.

Depuis son entrée en France avec l'armée d’invasion, Walter Shnaffs se jugeait le plus malheureux des Hommes. Il était gros, marchait avec peine, soufflait beaucoup et souffrait affreusement des pieds qu’il avait fort plats et fort gras. Il était en outre pacifique et bienveillant, nullement magnanime ou sanguinaire, père de quatre enfants qu’il adorait et marié avec une jeune Femme blonde, dont il regrettait désespérément chaque soir les tendresses, les petits soins et les baisers. Il aimait se lever tard et se coucher tôt, manger lentement de bonnes choses et boire de la bière dans les brasseries. Il songeait en outre que tout ce qui est doux dans l'existence disparaît avec la vie; et il gardait au cœur une haine épouvantable, instinctive et raisonnée en même temps, pour les canons, les fusils, les revolvers et les sabres, mais surtout pour les baïonnettes, se sentant incapable de manœuvrer assez vivement cette arme rapide pour défendre son gros ventre.

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La Peur

Contes de la bécasse
La Peur

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À J. K. Huysmans

On remonta sur le pont après dîner. Devant nous, la Méditerranée n'avait pas un frisson sur toute sa surface qu'une grande lune calme moirait. Le vaste bateau glissait, jetant sur le ciel, qui semblait ensemencé d'étoiles, un gros serpent de fumée noire; et, derrière nous, l'eau toute blanche, agitée par le passage rapide du lourd bâtiment, battue par l'hélice, moussait, semblait se tordre, remuait tant de clartés qu'on eût dit de la lumière de lune bouillonnant.

Nous étions là, six ou huit, silencieux, admirant, l'oeil tourné vers l'Afrique lointaine où nous allions. Le commandant, qui fumait un cigare au milieu de nous, reprit soudain la conversation du dîner.

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Un coq chanta

Contes de la bécasse
Un coq chanta

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À René Billotte.

Mme Berthe d'Avancelles avait jusque-là repoussé toutes les supplications de son admirateur désespéré, le baron Joseph de Croissard. Pendant l’hiver, à Paris, il l’avait ardemment poursuivie, et il donnait pour elle maintenant des fêtes et des chasses en son château normand de Carville.

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Les Sabots

Contes de la bécasse
Les Sabots
Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Léon Fontaine

Le vieux curé bredouillait les derniers mots de son sermon au-dessus des bonnets blancs des paysannes et des cheveux rudes ou pommadés des paysans. Les grands paniers des fermières venues de loin pour la messe étaient posés à terre à côté d’elles; et la lourde chaleur d’un jour de juillet dégageait de tout le monde une odeur de bétail, un fumet de troupeau. Les voix des coqs entraient par la grande porte ouverte, et aussi les meuglements des vaches couchées dans un champ voisin. Parfois un souffle d’air chargé d’arômes des champs s’engouffrait sous le portail et, en soulevant sur son passage les longs rubans des coiffures, il allait faire vaciller sur l’autel les petites flammes jaunes au bout des cierges… "Comme le désire le bon Dieu. ainsi soit-il !" prononçait le prêtre. Puis il se tut, ouvrit un livre et se mit, comme chaque semaine, à recommander à ses ouailles les petites affaires intimes de la commune. C’était un vieux Homme à cheveux blancs qui administrait la paroisse depuis bientôt quarante ans, et le prône lui servait pour communiquer familièrement avec tout son monde.

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Farce normande

Contes de la bécasse
Farce normande

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À A. de Joinville

La procession se déroulait dans le chemin creux ombragé par les grands arbres poussés sur les talus des fermes. Les jeunes mariés venaient d’abord, puis les parents, puis les invités, puis les pauvres du pays, et les gamins qui tournaient autour du défilé, comme des mouches, passaient entre les rangs, grimpaient aux branches pour mieux voir.

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Ce cochon de Morin

Contes de la bécasse
Ce cochon de Morin

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse


" Ça, mon ami, dis-je à Labarbe, tu viens encore de prononcer ces quatre mots, " ce cochon de Morin ". Pourquoi, diable, n’ai-je jamais entendu parler de Morin sans qu’on le traitât de " cochon " ?

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Un Normand

Contes de la bécasse
Un Normand

Guy de Maupassant et les Contes de la bécasse

À Paul Alexis.

Nous venions de sortir de Rouen et nous suivions au grand trot la route de Jumièges. La légère voiture filait, traversant les prairies; puis le cheval se mit au pas pour monter la côte de Canteleu.

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Boule de Suif

Boule de Suif

Boule de Suif



Boule de Suif un roman de Guy de Maupassant

Pendant plusieurs jours de suite des lambeaux d’armée en déroute avaient traversé la ville. Ce n’était point de la troupe, mais des hordes débandées. Les Hommes avaient la barbe longue et sale, des uniformes en guenilles, et ils avançaient d’une allure molle, sans drapeau, sans régiment. Tous semblaient accablés, éreintés, incapables d’une pensée ou d’une résolution, marchant seulement par habitude, et tombant de fatigue sitôt qu’ils s’arrêtaient. On voyait surtout des mobilisés, gens pacifiques, rentiers tranquilles, pliant sous le poids du fusil; des petits moblots alertes, faciles à l’épouvante et prompts à l’enthousiasme, prêts à l’attaque comme à la fuite; puis, au milieu d’eux, quelques culottes rouges, débris d’une division moulue dans une grande bataille; des artilleurs sombres alignés avec des fantassins divers; et, parfois, le casque brillant d’un dragon au pied pesant qui suivait avec peine la marche plus légère des lignards.

Des légions de francs-tireurs aux appellations héroïques: " les Vengeurs de la Défaite — les Citoyens de la Tombe — les Partageurs de la Mort " — passaient à leur tour, avec des airs de bandits.

Leurs chefs, anciens commerçants en draps ou en graines, ex-marchands de suif ou de savon, guerriers de circonstance, nommés officiers pour leurs écus ou la longueur de leurs moustaches, couverts d’armes, de flanelle et de galons, parlaient d’une voix retentissante, discutaient plans de campagne, et prétendaient soutenir seuls la France agonisante sur leurs épaules de fanfarons; mais ils redoutaient parfois leurs propres soldats, gens de sac et de corde, souvent braves à outrance, pillards et débauchés.

Les Prussiens allaient entrer dans Rouen, disait-on.

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L’Épave

Boule de Suif

L’Épave



L’Épave un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

C’était hier, 31 décembre.

Je venais de déjeuner avec mon vieil ami Georges Garin. Le domestique lui apporta une lettre couverte de cachets et de timbres étrangers.

Georges me dit:

— Tu permets ?

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Découverte

Boule de Suif

Découverte



Découverte un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Le bateau était couvert de monde. La traversée s’annonçant fort belle, les Havraises allaient faire un tour à Trouville.

On détacha les amarres; un dernier coup de sifflet annonça le départ, et, aussitôt, un frémissement secoua le corps entier du navire, tandis qu’on entendait, le long de ses flancs, un bruit d’eau remuée.

Les roues tournèrent quelques secondes, s’arrêtèrent, repartirent doucement; puis le capitaine, debout sur sa passerelle, ayant crié par le porte-voix qui descend dans les profondeurs de la machine: " En route ! " elles se mirent à battre la mer avec rapidité.

Nous filions le long de la jetée, couverte de monde. Des gens sur le bateau agitaient leurs mouchoirs, comme s’ils partaient pour l’Amérique, et les amis restés à terre répondaient de la même façon.

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Un Parricide

Boule de Suif

Un Parricide



Un Parricide un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

L’avocat avait plaidé la folie. Comment expliquer autrement ce crime étrange ?

On avait retrouvé un matin, dans les roseaux, près de Chatou, deux cadavres enlacés, la Femme et l’Homme, deux mondains connus, riches, plus tout jeunes, et mariés seulement de l’année précédente, la femme n’étant veuve que depuis trois ans.

On ne leur connaissait point d’ennemis, ils n’avaient pas été volés. Il semblait qu’on les eût jetés de la berge dans la rivière, après les avoir frappés, l’un après l’autre, avec une longue pointe de fer.

L’enquête ne faisait rien découvrir. Les mariniers interrogés ne savaient rien; on allait abandonner l’affaire, quand un jeune menuisier d’un village voisin nommé Georges Louis, dit Le Bourgeois, vint se constituer prisonnier.

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Le Rendez-vous

Boule de Suif

Le Rendez-vous



Le Rendez-vous un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Son chapeau sur la tête, son manteau sur le dos, un voile noir sur le nez, un autre dans sa poche dont elle doublerait le premier quand elle serait montée dans le fiacre coupable, elle battait du bout de son ombrelle la pointe de sa bottine, et demeurait assise dans sa chambre, ne pouvant se décider à sortir pour aller à ce rendez-vous.

Combien de fois, pourtant, depuis deux ans, elle s’était habillée ainsi, pendant les heures de Bourse de son mari, un agent de change très mondain, pour rejoindre dans son logis de garçon le beau vicomte de Martelet, son amant !

La pendule derrière son dos battait les secondes vivement; un livre à moitié lu bâillait sur le petit bureau de bois de rose, entre les fenêtres, et un fort parfum de violette, exhalé par deux petits bouquets baignant en deux mignons vases de Saxe sur la cheminée, se mêlait à une vague odeur de verveine soufflée sournoisement par la porte du cabinet de toilette demeurée entr’ouverte.

L’heure sonna — trois heures — et la mit debout. Elle se retourna pour regarder le cadran, puis sourit, songeant: " Il m’attend déjà. Il va s’énerver ". Alors, elle sortit, prévint le valet de chambre qu’elle serait rentrée dans une heure au plus tard — un mensonge — descendit l’escalier et s’aventura dans la rue, à pied.

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Bombard

Boule de Suif

Bombard



Bombard un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Simon Bombard la trouvait souvent mauvaise, la vie ! Il était né avec une incroyable aptitude pour ne rien faire et avec un désir immodéré pour ne point contrarier cette vocation. Tout effort moral ou physique, tout mouvement accompli pour une besogne lui paraissait au-dessus de ses forces. Aussitôt qu’il entendait parler d’une affaire sérieuse il devenait distrait, son esprit étant incapable d’une tension ou même d’une attention.

Fils d’un marchand de nouveautés de Caen, il se l’était coulé douce, comme on disait dans sa famille, jusqu’à l’âge de vingt-cinq ans.

Mais ses parents demeurant toujours plus près de la faillite que de la fortune, il souffrait horriblement de la pénurie d’argent.

Grand, gros, beau gars, avec des favoris roux, à la normande, le teint fleuri, l’œil bleu, bête et gai, le ventre apparent déjà, il s’habillait avec une élégance tapageuse de provincial en fête. Il riait, criait, gesticulait à tout propos, étalant sa bonne humeur orageuse avec une assurance de commis-voyageur. Il considérait que La vie était faite uniquement pour bambocher et plaisanter, et sitôt qu’il fallait mettre un frein à sa joie braillarde, il tombait dans une sorte de somnolence hébétée, étant même incapable de tristesse. Ses besoins d’argent le harcelant, il avait coutume de répéter une phrase devenue célèbre dans son entourage:

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Le Pain Maudit

Boule de Suif

Le Pain Maudit



Le Pain Maudit un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Le père Taille avait trois filles. Anna, l’aînée, dont on ne parlait guère dans la famille, Rose, la cadette, âgée maintenant de dix-huit ans, et Claire, la dernière, encore gosse, qui venait de prendre son quinzième printemps.

Le père Taille, veuf aujourd’hui, était maître mécanicien dans la fabrique de boutons de M. Lebrument. C’était un brave Homme, très considéré, très droit, très sobre, une sorte d’ouvrier modèle. Il habitait rue d’Angoulême, au Havre.

Quand Anna avait pris la clef des champs, comme on dit, le vieux était entré dans une colère épouvantable; il avait menacé de tuer le séducteur, un blanc-bec, un chef de rayon d’un grand magasin de nouveautés de la ville. Puis, on lui avait dit de divers côtés que la petite se rangeait, qu’elle mettait de l’argent sur l’État, qu’elle ne courait pas, liée maintenant avec un homme d’âge, un juge au tribunal de commerce, M. Dubois; et le père s’était calmé.

Il s’inquiétait même de ce qu’elle faisait; demandait des renseignements sur sa maison à ses anciennes camarades qui avaient été la revoir; et quand on lui affirmait qu’elle était dans ses meubles et qu’elle avait un tas de vases de couleur sur ses cheminées, des tableaux peints sur les murs, des pendules dorées et des tapis partout, un petit sourire content lui glissait sur les lèvres. Depuis trente ans il travaillait, lui, pour amasser cinq ou six pauvres mille francs ! La fillette n’était pas bête, après tout !

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Les Sabots

Boule de Suif

Les Sabots



Les Sabots un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Le vieux curé bredouillait les derniers mots de son sermon au-dessus des bonnets blancs des paysannes et des cheveux rudes ou pommadés des paysans. Les grands paniers des fermières venues de loin pour la messe étaient posés à terre à côté d’elles; et la lourde chaleur d’un jour de juillet dégageait de tout le monde une odeur de bétail, un fumet de troupeau. Les voix des coqs entraient par la grande porte ouverte, et aussi les meuglements des vaches couchées dans un champ voisin. Parfois un souffle d’air chargé d’arômes des champs s’engouffrait sous le portail et, en soulevant sur son passage les longs rubans des coiffures, il allait faire vaciller sur l’autel les petites flammes jaunes au bout des cierges " … Comme le désire le bon Dieu. Ainsi soit-il ! " prononçait le prêtre. Puis il se tut, ouvrit un livre et se mit, comme chaque semaine, à recommander à ses ouailles les petites affaires intimes de la commune. C’était un vieux Homme à cheveux blancs qui administrait la paroisse depuis bientôt quarante ans, et le prône lui servait pour communiquer familièrement avec tout son monde.

Il reprit: " Je recommande à vos prières Désiré Vallin, qu’est bien malade et aussi la Paumelle qui ne se remet pas vite de ses couches. "

Il ne savait plus; il cherchait les bouts de papier posés dans un bréviaire. Il en retrouva deux enfin, et continua: " Il ne faut pas que les garçons et les filles viennent comme ça, le soir, dans le cimetière, ou bien je préviendrai le garde-champêtre. — M. Césaire Omont voudrait bien trouver une jeune fille honnête comme servante. " Il réfléchit encore quelques secondes, puis ajouta: " C’est tout, mes frères, c’est la grâce que je vous souhaite au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. "

Et il descendit de la chaire pour terminer sa messe.

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La Bûche

Boule de Suif

La Bûche



La Bûche un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Le salon était petit, tout enveloppé de teintures épaisses, et discrètement odorant. Dans une cheminée large, un grand feu flambait; tandis qu’une seule lampe posée sur le coin de la cheminée versait une lumière molle, ombrée par un abat-jour d’ancienne dentelle, sur les deux personnes qui causaient.

Elle, la maîtresse de la maison, une vieille à cheveux blancs, mais une de ces vieilles adorables dont la peau sans rides est lisse comme un fin papier et parfumée, tout imprégnée de parfums, pénétrée jusqu’à la chair vive par les essences fines dont elle se baigne, depuis si longtemps, l’épiderme: une vieille qui sent, quand on lui baise la main, l’odeur légère qui vous saute à l’odorat lorsqu’on ouvre une boîte de poudre d’iris florentine.

Lui était un ami d‘autrefois, resté garçon, un ami de toutes les semaines, un compagnon de voyage dans l’existence. Rien de plus d’ailleurs.

Ils avaient cessé de causer depuis une minute environ, et tous deux regardaient le feu, rêvant à n’importe quoi, en l’un de ces silences amis des gens qui n’ont point besoin de parler toujours pour se plaire l’un près de l’autre.

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Magnétisme

Boule de Suif

Magnétisme



Magnétisme un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

C’était à la fin d’un dîner d’Hommes, à l’heure des interminables cigares et des incessants petits verres, dans la fumée et l’engourdissement chaud des digestions, dans le léger trouble des têtes après tant de viandes et de liqueurs absorbées et mêlées.

On vint à parler du magnétisme, des tours de Donato et des expériences du docteur Charcot. Soudain ces hommes sceptiques, aimables, indifférents à toute religion, se mirent à raconter des faits étranges, des histoires incroyables mais arrivées, affirmaient-ils, retombant brusquement en des croyances superstitieuses, se cramponnant à ce dernier reste de merveilleux, devenus dévots, à ce mystère du magnétisme, le défendant au nom de la science.

Un seul souriait, un vigoureux garçon, grand coureur de filles et chasseur de Femmes, chez qui une incroyance à tout s’était ancrée si fortement qu’il n’admettait même point la discussion.

Il répétait en ricanant: " Des blagues ! des blagues ! des blagues ! Nous ne discuterons pas Donato qui est tout simplement un très malin faiseur de tours. Quant à M. Charcot qu’on dit être un remarquable savant, il me fait l’effet de ces conteurs dans le genre d’Edgar Poë, qui finissent par devenir fous à force de réfléchir à d’étranges cas de folie. Il a constaté des phénomènes nerveux inexpliqués et encore inexplicables, il marche dans cet inconnu qu’on explore chaque jour, et ne pouvant toujours comprendre ce qu’il voit, il se souvient trop peut-être des explications ecclésiastiques des mystères. Et puis je voudrais l’entendre parler, ce serait tout autre chose que ce que vous répétez. "

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Divorce

Boule de Suif

Divorce



Divorce un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Maître Bontran, le célèbre avocat parisien, celui qui depuis dix ans plaide et obtient toutes les séparations entre époux mal assortis, ouvrit la porte de son cabinet et s’effaça pour laisser passer le nouveau client.

C’était un gros Homme ventru, sanguin et vigoureux. Il salua:

— Prenez un siège, dit l’avocat.

Le client s’assit et après avoir toussé:

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Une Soirée

Boule de Suif

Une Soirée



Une Soirée un chapitre du roman Boule de Suif de Guy de Maupassant

Boule de Suif par Guy de maupassant

Le maréchal des logis Varajou avait obtenu huit jours de permission pour les passer chez sa sœur, Mme Padoie. Varajou, qui tenait garnison à Rennes et y menait joyeuse vie, se trouvant à sec et mal avec sa famille, avait écrit à sa sœur qu’il pourrait lui consacrer une semaine de liberté. Ce n’est point qu’il aimât beaucoup Mme Padoie, une petite Femme moralisante, dévote, et toujours irritée; mais il avait besoin d’argent, grand besoin, et il se rappelait que, de tous ses parents, les Padoie étaient les seuls qu’il n’eût jamais rançonnés.

Le père Varajou, ancien horticulteur à Angers, retiré maintenant des affaires, avait fermé sa bourse à son garnement de fils et ne le voyait guère depuis deux ans. Sa fille avait épousé Padoie, ancien employé des finances, qui venait d’être nommé receveur des contributions à Vannes. Donc Varajou, en descendant du chemin de fer, se fit conduire à la maison de son beau-frère. Il le trouva dans son bureau, en train de discuter avec des paysans bretons des environs. Padoie se souleva sur sa chaise, tendit la main par-dessus sa table chargée de papiers, murmura:

" Prenez un siège, je suis à vous dans un instant ", se rassit et recommença sa discussion.

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Désirs

Des vers



Le rêve pour les uns serait d'avoir des ailes,
De monter dans l'espace en poussant de grands cris,
De prendre entre leurs doigts les souples hirondelles,
Et de se perdre, au soir, dans les cieux assombris.

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Les oies sauvages

Des vers



Tout est muet, l'oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

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L'oiseleur

Des vers




L'oiseleur Amour se promène
Lorsque les coteaux sont fleuris,
Fouillant les buissons et la plaine ;
Et chaque soir sa cage est pleine
Des petits oiseaux qu'il a pris.

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Nuit de neige

Des vers



La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

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Promenade

Des vers



La terre souriait au ciel bleu. L'herbe verte
De gouttes de rosée était encor couverte.
Tout chantait par le monde ainsi que dans mon coeur.
Caché dans un buisson, quelque merle moqueur
Sifflait. Me raillait-il ? Moi, je n'y songeais guère.

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