poésie poésie poésie poésie
Poésie Citation
Poésie
Photos Poètiques
Spectacle culture
Biographie
Biographie
Auteur écrivain 20ème siècle
Poésie du 20 ème siècle
Auteur écrivain 19ème siècle
Poésie du 19 ème siècle
Pièces de Théâtre
Le Théâtre
Poésies 16ème
poésie ancienne
Poésie du 16ème siècle
Poésie du 17ème siècle
Poésie du 18ème siècle
Poésie anglo-saxonne
Poemes turcs
poésie brésilienne
Blagues
Blague

Poésie arrow Poésie du 19 ème siècle arrow Alfred de Vigny arrow Le Cor
Nos Partenaires
 
Facebook Poésie Citation
 twitter Poésie Citation feed
Fables Romans
Fables Jean De La Fontaine
Romans Livres
Poèmes
blog poeme
Poésie contemporaine
Forum Poesie
Concours poésie
Philosophie
Proverbe -Proverbes
Proverbe
Dictons
Dicton Dictons
Citations
Citation Citations
Soumettre une citation
Citation People
L'amour
Amour
Enfants
Enfant
halloween
Noël
Messages du forum
Le masque
julie 18-05-12
Re:Poésies pour brûleur !
charlotte 17-05-12
Re:Poésies pour brûleur !
julie 17-05-12
Re:Sensualité
julie 17-05-12
Re:Reveil
julie 17-05-12
slam de poésie
pilote le hot
poésie citation
Les partenaires
Plan du site
Chercher ?
 
Poesie citation flux RSS
www.poesie-citation.fr

Le Cor

Appréciation des utilisateurs: / 0
FaibleMeilleur 

Le Cor



Poème

Alfred de Vigny

I

J’Aime le son du Cor, le soir, au fond des bois,

Soit qu’il chante les pleurs de la biche aux abois,
Ou l’adieu du chasseur que l’écho faible accueille,

Et que le vent du nord porte de feuille en feuille.

Que de fois, seul, dans l’ombre à minuit demeuré,

J’ai souri de l’entendre, et plus souvent pleuré !

Car je croyais ouïr de ces bruits prophétiques

Qui précédaient la mort des Paladins antiques.

Ô montagne d’azur ! ô pays adoré !

Rocs de la Frazona, cirque du Marboré,

Cascades qui tombez des neiges entraînées,

Sources, gaves, ruisseaux, torrents des Pyrénées;

Monts gelés et fleuris, trône des deux saisons,

Dont le front est de glace et le pied de gazons !

C’est là qu’il faut s’asseoir, c’est là qu’il faut entendre

Les airs lointains d’un Cor mélancolique et tendre.

Souvent un voyageur, lorsque l’air est sans bruit,

De cette voix d’airain fait retentir la nuit;

À ses chants cadencés autour de lui se mêle

L’harmonieux grelot du jeune agneau qui bêle.

Une biche attentive, au lieu de se cacher,

Se suspend immobile au sommet du rocher,

Et la cascade unit, dans une chute immense,

Son éternelle plainte au chant de la romance.

Âmes des Chevaliers, revenez-vous encor ?

Est-ce vous qui parlez avec la voix du Cor ?

Roncevaux ! Roncevaux ! Dans ta sombre vallée

L’ombre du grand Roland n’est donc pas consolée !


II

Tous les preux étaient morts, mais aucun n’avait fui.

Il reste seul debout, Olivier près de lui,

L’Afrique sur les monts l’entoure et tremble encore.

" Roland, tu vas mourir, rends-toi, criait le More;

Tous tes Pairs sont couchés dans les eaux des torrents. "

Il rugit comme un tigre, et dit: " Si je me rends,

Africain, ce sera lorsque les Pyrénées

Sur l’onde avec leurs corps rouleront entraînées.

— Rends-toi donc, répond-il, ou meurs, car les voilà. "

Et du plus haut des monts un grand rocher roula.

Il bondit, il roula jusqu’au fond de l’abîme,

Et de ses pins, dans l’onde, il vint briser la cime.

" Merci, cria Roland; tu m’as fait un chemin. "

Et jusqu’au pied des monts le roulant d’une main,

Sur le roc affermi comme un géant s’élance,

Et, prête à fuir, l’armée à ce seul pas balance.


III

Tranquilles cependant, Charlemagne et ses preux

Descendaient la montagne et se parlaient entre eux.

À l’horizon déjà, par leurs eaux signalées,

De Luz et d’Argelès se montraient les vallées.

L’armée applaudissait. Le luth du troubadour

S’accordait pour chanter les saules de l’Adour;

Le vin français coulait dans la coupe étrangère;

Le soldat, en riant, parlait à la bergère.

Roland gardait les monts; tous passaient sans effroi.

Assis nonchalamment sur un noir palefroi

Qui marchait revêtu de housses violettes,

Turpin disait, tenant les saintes amulettes:

" Sire, on voit dans le ciel des nuages de feu;

Suspendez votre marche; il ne faut tenter Dieu.

Par monsieur saint Denis, certes ce sont des âmes

Qui passent dans les airs sur ces vapeurs de flammes.

Deux éclairs ont relui, puis deux autres encor. "

Ici l’on entendit le son lointain du Cor. —

L’Empereur étonné, se jetant en arrière,

Suspend du destrier la marche aventurière.

" Entendez-vous ! dit-il. — Oui, ce sont des pasteurs

Rappelant les troupeaux épars sur les hauteurs,

Répondit l’archevêque, ou la voix étouffée

Du nain vert Obéron qui parle avec sa Fée. "

Et l’Empereur poursuit; mais son front soucieux

Est plus sombre et plus noir que l’orage des cieux.

Il craint la trahison, et, tandis qu’il y songe,

Le Cor éclate et meurt, renaît et se prolonge.

" Malheur ! c’est mon neveu ! malheur ! car si Roland

Appelle à son secours, ce doit être en mourant.

Arrière, chevaliers, repassons la montagne !

Tremble encor sous nos pieds, sol trompeur de l’Espagne ! "


IV

Sur le plus haut des monts s’arrêtent les chevaux;

L’écume les blanchit; sous leurs pieds, Roncevaux

Des feux mourants du jour à peine se colore.

À l’horizon lointain fuit l’étendard du More.

" Turpin, n’as-tu rien vu dans le fond du torrent ?

— J’y vois deux chevaliers: l’un mort, l’autre expirant.

Tous deux sont écrasés sous une roche noire;

Le plus fort, dans sa main, élève un Cor d’ivoire,

Son âme en s’exhalant nous appela deux fois. "


Dieu ! que le son du Cor est triste au fond des bois !


Écrit à Pau, en 1825.


Alfred de Vigny

poèmes antiques et modernes

Alfred de Vigny est un poète du 19ème siècle, il est le contemporain de Théophile Gautier et Gérard de Nerval

et des écrivains Victor Hugo, Alexandre Dumas, Gustave Flaubert, Barbey d'Aurevilly, Leconte de Lisle

Alfred de Vigny a beaucoup travaillé sur les textes de William Shakespeare et les pièces de Théâtre

Un poème d'Alfred de Vigny



Commenter
Flux RSS des commentaires

Commenter
  • Les messages comportant des attaques verbales contre les personnes seront supprimés.
  • Vous pouvez renouveler le code de sécurité en appliquant un rafraîchissement à votre navigateur.
  • Appliquer cette méthode de rafraîchissement si vous avez entré un mauvais code de sécurité.
  • Le site est maintenant en Dofollow les commentaires doivent être argumentés et valables.
  • Pour qu'un commentaire soit validé, pas de commentaire du type : super poème merci ....
Nom
E-mail
Site web
Titre
BBCode:Web AddressEmail AddressLoad Image from WebBold TextItalic TextUnderlined TextQuoteCodeOpen ListList ItemClose List
Commentaire

Code:* Code
Je désire être prévenu par mail des commentaires qui suivront

 
< Précédent   Suivant >
 

© 2012

 

Parcourez les thèmes de poésie et citations les plus consultés

L'Amour, Aimer, Citation séduction, Saint Valentin, Homme, Femme, Poésie contemporaine, Poésie anglaise, Poésie brésilienne, Poésie ancienne,

Poésie 16ème siècle, Poésie 17ème siècle, Poésie 18ème siècle, Poésie 19ème siècle, Poésie 20ème siècle.

Réalisation Joomla