poèmes et poésies d'Auguste Brizeux
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Marie
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Après moins de six mois passés loin de la lande
Où l'on jouait, Marie, ah ! que vous voilà grande !
N'était ce corset rouge et ces jupons rayés
Qui, trop courts à présent, m'ont laissé voir vos pieds,
Jamais je n'aurais dit : « Cette fille qui prie
Au calvaire, et s'en va vers l'église, est Marie. »
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Marie V
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Marie
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Quand le temps sur nos fronts efface par degré
L'enfance et les reflets de cet âge doré,
Arrive la jeunesse avec toute sa sève ;
Et par un jet nouveau le corps monte et s'élève,
Et toujours monte ainsi, jusques à son été,
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Quand le temps sur nos fronts
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Marie
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Souvent je me demande et je cherche en tout lieu
Ce qu'est Dieu sans l'amour, ou bien l'amour sans Dieu.
Aimer Dieu, n'est-ce pas trouver la pure flamme
Qu'on crut voir dans les yeux de quelque jeune femme ?
Dans cette femme aussi n'est-ce point ici-bas
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Souvent je me demande
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Marie
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J'aime dans tout esprit l'orgueil de la pensée
Qui n'accepte aucun frein, aucune loi tracée,
Par delà le réel s'élance et cherche à voir,
Et de rien ne s'effraie, et sait tout concevoir ;
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J’aime dans tout esprit
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Marie
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Un jour que nous étions assis au pont Kerlô
Laissant pendre, en riant, nos pieds au fil de l'eau,
Joyeux de la troubler, ou bien, à son passage,
D'arrêter un rameau, quelque flottant herbage,
Ou sous les saules verts d'effrayer le poisson
Qui venait au soleil dormir près du gazon ;
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Marie IV
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Marie
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N'y va pas ! Reste sur ton livre,
Dans ta chambre d'étudiant !
Courbé sous la lampe de cuivre,
Occupe ta pensée et ton coeur en veillant.
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Le Bal
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Marie
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UN JEUNE HOMME
Où courez-vous ainsi, pieuses jeunes filles,
Qui passez deux à deux sous vos coiffes gentilles ?
Ce tablier de soie et ce riche cordon
Disent que vous allez toutes quatre au pardon.
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Le Chemin du Pardon
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Marie
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Dès que la grive est éveillée,
Sur cette lande encor mouillée
Je viens m'asseoir
Jusques au soir ;
Grand'mère, de qui je me cache,
Dit : « Loïc aime trop sa vache. »
Oh ! Nenni-da !
Mais j'aime la petite Anna.
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La Chanson de Loïc
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Marie
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Soit que ma pente aussi vers ce côté m'entraîne,
J'ai juré de fermer mon âme à toute haine,
A tout regret cuisant ; ouverte à bien jouir,
De la laisser au jour libre s'épanouir ;
De n'aimer d'ici-bas que les plus douces choses ;
De me nourrir du beau, comme du suc des roses
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L’Apprentissage
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Marie
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Humble et bon vieux curé d'Arzannô, digne prêtre,
Que tel je respectais, que j'aimais comme maître,
Pour occuper tes jours, si pleins, si réguliers,
N'as-tu plus près de toi tes pauvres écoliers ?
Hélas ! Je fus l'un d'eux ! Dans ma douleur présente,
J'aime à me rappeler cette vie innocente ;
Leurs noms, je les sais tous : Albin, élo, Daniel,
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Marie III
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Marie
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Pieux servants de l'art, conservez la beauté !
De ce moule où le monde en naissant fut jeté
Des types merveilleux sortirent ; le poète
Comme dans un cristal dans ses chants les reflète.
Par le grand ouvrier tel fut l'ordre prescrit :
Il mit les éléments sous la loi d'un esprit,
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Hymne dedié à M. Ingres
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Marie
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Morne et seul, je passais mes jours à m'attrister,
Mais l'esprit du pays m'est venu visiter,
Et le son de sa voix semblait le chant des brises
Qui sifflent dans la lande aux bords des pierres grises.
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Le Barde
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