Cécile Sauvage
Cécile Sauvage est un poète et écrivain français, elle est la poétesse de la maternité. Cécile Sauvage est née en 1883 à La Roche-sur-Yon et est morte en 1927.
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Mélancolie
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Souvent le coeur qu'on croyait mort
N'est qu'un animal endormi ;
Un air qui souffle un peu plus fort
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Souvent le coeur qu'on croyait mort
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Mélancolie
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Peut-être serai-je plus gaie
Quand, dédaigneuse du Bonheur,
Je m'en irai vieille et fanée,
La neige au front et sur le coeur :
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Peut-être serai-je plus gaie
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Mélancolie
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Ma maison est assise au vent
Dans une plaine sombre et nue
Comme un tombeau pour un vivant
Où s'agite ma chair menue.
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Ma maison est assise au vent
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Mélancolie
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Le bonheur est mélancolique.
Le cri des plus joyeux oiseaux
Paraît lointain comme de l'eau
Où se noierait une musique.
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Le bonheur est mélancolique
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Mélancolie
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Jusqu'au ciel d'azur gris le pré léger s'élève
Comme une route fraîche inconnue aux vivants ;
La mouillure de l'herbe et de la jeune sève
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Jusqu'au ciel d'azur gris le pré léger s'élève
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Mélancolie
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Je suis née au milieu du jour,
La chair tremblante et l'âme pure,
Mais ni l'Homme ni la nature
N'ont entendu mon chant d'Amour.
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Je suis née au milieu du jour
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Mélancolie
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Je me souviens de mon enfance
Et du silence où j'avais froid ;
J'ai tant senti peser sur moi
Le regard de l'indifférence.
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Je me souviens de mon enfance
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Tandis que la terre tourne
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Vivre du vert des prés et du bleu des collines,
Des arbres racineux qui grimpent aux ravines,
Des ruisseaux éblouis de l'argent des poissons ;
Vivre du cliquetis allègre des moissons,
Du clair halètement des sources remuées,
Des matins de printemps qui soufflent leurs buées,
Des octobres semeurs de feuilles et de fruits
Et de l'enchantement lunaire au long des nuits
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Voeux simples
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Tandis que la terre tourne
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Levons-nous, le jour bleu colle son front aux vitres,
La note du coucou réveille le printemps,
Les rameaux folichons ont des gestes de pitres,
Les cloches de l'aurore agitent leurs battants.
La nuit laisse en fuyant sa pantoufle lunaire
Traîner dans l'air mouillé plein de sommeil encor
Et derrière les monts cachant sa face claire
Le soleil indécis darde trois flèches d'or.
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Le jour
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Tandis que la terre tourne
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Notre maison est seule au creux de la montagne
Où le chant d'une source appelle des roseaux,
Où le bout de jardin plein de légumes gagne
La roche qui nous tient dans son âpre berceau.
Septembre laisse choir sur les molles argiles
La pomme abandonnée aux pourceaux grassouillets.
Nous avons dû poser des cailloux sur les tuiles ;
Car la bise souvent s'aiguise aux peupliers,
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La maison sur la montagne
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Tandis que la terre tourne
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Choisis-moi, dans les joncs tressés de ta corbeille,
Une poire d'automne ayant un goût d'abeille,
Et dont le flanc doré, creusé jusqu'à moitié,
Offre une voûte blanche et d'un grain régulier.
Choisis-moi le raisin qu'une poussière voile
Et qui semble un insecte enroulé dans sa toile.
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La corbeille
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Tandis que la terre tourne
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L'enchantement lunaire endormant la vallée
Et le jour s'éloignant sur la mer nivelée
Comme une barque d'or nombreuse d'avirons,
J'ai rassemblé, d'un mot hâtif, mes agneaux ronds,
Mes brebis et mes boucs devenus taciturnes
Et j'ai pris le chemin des chaumières nocturnes.
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L'enchantement lunaire
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