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Poèmes saturniens
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Donc, c'en est fait. Ce Livre est clos. Chères Idées
Qui rayiez mon ciel gris de vos ailes de feu
Dont le vent caressait mes tempes obsédées,
Vous pouvez revoler devers l'Infini bleu !
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Épilogue - 2
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Poèmes saturniens
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Le soleil, moins ardent, luit clair au ciel moins dense.
Balancés par un vent automnal et berceur,
Les rosiers du jardin s'inclinent en cadence.
L'atmosphère ambiante a des baisers de sœur.
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Épilogue - 1
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Poèmes saturniens
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À Louis-Xavier de Ricard
Le coucher d'un soleil de septembre ensanglante
La plaine morne de l'âpre arête des sierras
Et de la brume au loin l'installation lente.
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La mort de Philippe II
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Poèmes saturniens
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Portrait en pied
Sur fond d'ombre noyant un riche vestibule
Où le buste d'Horace et celui de Tibulle
Lointains et de profil rêvent en marbre blanc,
La main gauche au poignard et la main droite au flanc
Tandis qu'un rire doux redresse la moustache,
Le duc CÉSAR en grand costume se détache.
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César Borgia
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Poèmes saturniens
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À Edmond Lepelletier
Roule, roule ton flot indolent, morne Seine. -
Sous tes ponts qu'environne une vapeur malsaine
Bien des corps ont passé, morts, horribles, pourris,
Dont les âmes avaient pour meurtrier Paris.
Mais tu n'en traînes pas, en tes ondes glacées,
Autant que ton aspect m'inspire de pensées !
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Nocturne parisien
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Poèmes saturniens
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D'autres, - des innocents ou bien des lymphatiques, -
Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
D'autres s'y sentent pris - rêveurs - d'effrois mystiques.
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Dans les bois
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Poèmes saturniens
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Baiser ! rose trémière au jardin des caresses !
Vif accompagnement sur le clavier des dents
Des doux refrains qu'Amour chante en les cœurs ardents
Avec sa voix d'archange aux langueurs charmeresses !
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Il bacio
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Poèmes saturniens
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Courtisane au sein dur, à œil opaque et brun
S'ouvrant avec lenteur comme celui d'un bœuf,
Ton grand torse reluit ainsi qu'un marbre neuf.
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Un dahlia
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Poèmes saturniens
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Comme la voix d'un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.
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Sérénade
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Poèmes saturniens
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Les petits ifs du cimetière
Frémissent au vent hiémal,
Dans la glaciale lumière.
Avec des bruits sourds qui font mal,
Les croix de bois des tombes neuves
Vibrent sur un ton anormal.
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Sub urbe
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Poèmes saturniens
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(MAHA-BARATTA.)
Pour sauver son époux, Çavitrî fit le vœu
De se tenir trois jours entiers, trois nuits entières,
Debout, sans remuer jambes, buste ou paupières :
Rigide, ainsi que dit Vyaça, comme un pieu.
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Çavitri
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Poèmes saturniens
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Les violons mêlaient leur rire au chant des flûtes
Et le bal tournoyait quand je la vis passer
Avec ses cheveux blonds jouant sur les volutes
De son oreille où mon Désir comme un baiser
S'élançait et voulait lui parler, sans oser.
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Initium
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Poèmes saturniens
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Il est grave : il est maire et père de famille.
Son faux col engloutit son oreille. Ses yeux
Dans un rêve sans fin flottent insoucieux,
Et le printemps en Fleurs sur ses pantoufles brille.
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Monsieur Prudhomme
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Poèmes saturniens
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Belle " à damner les saints " , à troubler sous l'aumusse
Un vieux juge ! Elle marche impérialement.
Elle parle - et ses dents font un miroitement -
Italien, avec un léger accent russe.
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Une grande dame
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Nous sommes les Ingénues
Au bandeaux plats, à oil bleu,
Qui vivons, presque inconnues,
Dans les Romans qu'on lit peu.
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La chanson des ingénues
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Poèmes saturniens
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Le Chagrin qui me tue est ironique, et joint
Le sarcasme au supplice, et ne torture point
Franchement, mais picote avec un faux sourire
Et transforme en spectacle amusant mon martyre,
Et sur la bière où gît mon Rêve mi-pourri
Beugle un De Profundis sur l'air du Traderi.
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Jésuitisme
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Elle jouait avec sa chatte,
Et c'était merveille de voir
La main blanche et la blanche patte
S'ébattre dans l'ombre du soir.
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Femme et chatte
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Poèmes saturniens
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Comme un vol criard d'oiseaux en émoi,
Tous mes souvenirs s'abattent sur moi,
S'abattent parmi le feuillage jaune
De mon coeur mirant son tronc plié d'aune
Au tain violet de l'eau des Regrets
Qui mélancoliquement coule auprès,
S'abattent, et puis la rumeur mauvaise
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Le rossignol
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Poèmes saturniens
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La lune est rouge au brumeux horizon ;
Dans un brouillard qui danse la prairie
S'endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson ;
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L'heure du berger
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Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
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Chanson d'automne
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Poèmes saturniens
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C'est plutôt le sabbat du second Faust que l'autre.
Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement
Rhythmique. - Imaginez un jardin de Lenôtre,
Correct, ridicule et charmant.
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Nuit du Walpurgis classique
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Poèmes saturniens
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Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
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Promenade sentimentale
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Le Souvenir avec le Crépuscule
Rougeoie et tremble à l'ardent horizon
De l'Espérance en flamme qui recule
Et s'agrandit ainsi qu'une cloison
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Crépuscule du soir mystique
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Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
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Soleils couchants
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Leurs jambes pour toutes montures,
Pour tous biens l'or de leurs regards,
Par le chemin des aventures
Ils vont haillonneux et hagards.
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Grotesques
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Poèmes saturniens
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La nuit. La pluie. Un ciel blafard que déchiquette
De flèches et de tours à jour la silhouette
D'une ville gothique éteinte au lointain gris.
La plaine. Un gibet plein de pendus rabougris
Secoués par le bec avide des corneilles
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Effet de nuit
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L'Océan sonore
Palpite sous l'oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,
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Marine
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Poèmes saturniens
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J'ai vu passer dans mon rêve
- Tel l'ouragan sur la grève, -
D'une main tenant un glaive
Et de l'autre un sablier,
Ce cavalier
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Cauchemar
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Poèmes saturniens
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La lune plaquait ses teintes de zinc
Par angles obtus.
Des bouts de fumée en forme de cinq
Sortaient drus et noirs des hauts toits pointus.
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Croquis parisien
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Poèmes saturniens
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Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs
Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales
Siciliennes, ni les pompes aurorales,
Ni la solennité dolente des couchants.
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L'angoisse
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Poèmes saturniens
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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une Femme inconnue, et que j'Aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
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Mon rêve familier
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Poèmes saturniens
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Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque Fleur d'une humide étincelle.
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Après trois ans
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Poèmes saturniens
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Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne
Faisait voler la grive à travers l'air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détone.
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Nevermore
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Poèmes saturniens
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Dans ces temps fabuleux, les limbes de l'histoire,
Où les fils de Raghû ; beaux de fard et de gloire,
Vers la Ganga régnaient leur règne étincelant,
Et, par l'intensité de leur vertu troublant
Les Dieux et les Démons et Bhagavat lui-même,
Augustes, s'élevaient jusqu'au Néant suprême,
Ah ! la terre et la mer et le ciel, purs encor
Et jeunes, qu'arrosait une lumière d'or
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Prologue
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Poèmes saturniens
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Tout enfant, j'allais rêvant Ko-Hinnor,
Somptuosité persane et papale
Héliogabale et Sardanapale !
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Résignation
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