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Second livre des Amours
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Chanson
Vu que tu es plus blanche que le lis,
Qui t'a rougi ta lèvre vermeillette
D'un si beau teint ? Qui est-ce qui t'a mis
Sur ton beau sein cette couleur rougette ?
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Vu que tu es plus blanche
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Second livre des Amours
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Quand je suis tout baissé sur votre belle face,
Je vois dedans vos yeux je ne sais quoi de blanc,
Je ne sais quoi de noir, qui m'émeut tout le sang,
Et qui jusques au coeur de veine en veine passe.
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Quand je suis tout baissé sur votre belle face
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Second livre des Amours
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Quand je pense à ce jour, où je la vey si belle
Toute flamber d'Amour, d'honneur et de vertu,
Le regret, comme un trait mortellement pointu,
Me traverse le coeur d'une playe eternelle.
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Quand je pense à ce jour, où je la vey si belle
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Second livre des Amours
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Pourtant si ta maîtresse est un petit putain,
Tu ne dois pour cela te courroucer contre elle.
Voudrais-tu bien haïr ton ami plus fidèle
Pour être un peu jureur, ou trop haut à la main ?
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Pourtant si ta maîtresse...
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Second livre des Amours
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Marie, vous passez en taille, et en visage,
En grâce, en ris, en yeux, en sein, et en téton,
Votre moyenne soeur, d'autant que le bouton
D'un rosier franc surpasse une rose sauvage.
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Second livre des Amours
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Marie, vous avez la joue aussi vermeille
Qu'une rose de mai, vous avez les cheveux
De couleur de châtaigne, entrefrisés de noeuds,
Gentement tortillés tout autour de l'oreille.
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Marie, vous avez la joue aussi vermeille
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Second livre des Amours
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Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,
Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,
Faites cela vers moi dont votre nom vous prie,
Votre Amour ne se peut en meilleur lieu donner.
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Second livre des Amours
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Marie, que je sers en trop cruel destin,
Quand d'un baiser d'Amour votre bouche me baise,
Je suis tout éperdu, tant le coeur me bat d'aise.
Entre vos doux baisers puissé-je prendre fin !
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Marie, que je sers en trop cruel destin
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Second livre des Amours
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Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné,
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte Amoureuse.
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Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse
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Second livre des Amours
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Marie, baisez-moi ; non, ne me baisez pas,
Mais tirez-moi le coeur de votre douce haleine ;
Non, ne le tirez pas, mais hors de chaque veine
Sucez-moi toute l'âme éparse entre vos bras ;
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Marie, baisez-moi ; non, ne me baisez pas
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Second livre des Amours
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Marie, à tous les coups vous me venez reprendre
Que je suis trop léger, et me dites toujours,
Quand je vous veux baiser, que j'aille à ma Cassandre,
Et toujours m'appelez inconstant en Amours.
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Marie, à tous les coups vous me venez reprendre
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Second livre des Amours
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Le vintieme d'Avril couché sur l'herbelette,
Je vy, ce me sembloit, en dormant un chevreuil,
Qui ça, puis là, marchoit où le menoit son vueil,
Foulant les belles Fleurs de mainte gambelette.
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Le vintieme d'Avril couché sur l'herbelette
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Second livre des Amours
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L'an se rajeunissait en sa verte jouvence
Quand je m'épris de vous, ma Sinope cruelle ;
Seize ans étaient la Fleur de votre âge nouvelle,
Et votre teint sentait encore son enfance.
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L'an se rajeunissait en sa verte jouvence
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Second livre des Amours
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Je vous envoye un bouquet que ma main
Vient de trier de ces Fleurs épanies,
Qui ne les eust à ce vespre cuillies,
Cheutes à terre elles fussent demain.
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Je vous envoye un bouquet que ma main
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Second livre des Amours
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Je veus lire en trois jours l'Iliade d'Homere,
Et pour-ce, Corydon, ferme bien l'huis sur moy.
Si rien me vient troubler, je t'asseure ma foy
Tu sentiras combien pesante est ma colere.
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Je veus lire en trois jours l'Iliade d'Homere
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Second livre des Amours
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Je ne suis seulement Amoureux de Marie,
Anne me tient aussi dans les liens d'Amour,
Ore l'une me plaît, ore l'autre à son tour :
Ainsi Tibulle aimait Némésis, et Délie.
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Je ne suis seulement amoureux de Marie
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Second livre des Amours
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Ha ! que je porte et de haine et d'envie
Au médecin qui vient soir et matin
Sans nul propos tâtonner le tétin,
Le sein, le ventre et les flancs de m'amie !
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Ha ! que je porte et de haine et d'envie
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Second livre des Amours
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Chanson
Douce Maîtresse, touche,
Pour soulager mon mal,
Ma bouche de ta bouche
Plus rouge que coral ;
Que mon col soit pressé
De ton bras enlacé.
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Douce Maîtresse
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Second livre des Amours
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Comme on voit sur la branche au mois de may la rose,
En sa belle jeunesse, en sa premiere Fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose ;
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Comme on voit sur la branche au mois de may la rose
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Second livre des Amours
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Le printemps n'a point tant de Fleurs,
L'autonne tant de raisins meurs,
L'esté tant de chaleurs halées,
L'hyver tant de froides gelées,
Ny la mer a tant de poissons,
Ny la Beauce tant de moissons,
Ny la Bretaigne tant d'arenes,
Ny l'Auvergne tant de fonteines,
Ny la nuict tant de clairs flambeaux,
Ny les forests tant de rameaux,
Que je porte au coeur, ma maistresse,
Pour vous de peine et de tristesse.
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Second livre des Amours
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Ce jour de Mai qui a la tête peinte,
D'une gaillarde et gentille verdeur,
Ne doit passer sans que ma vive ardeur
Par votre grâce un peu ne soit éteinte.
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Ce jour de Mai qui a la tête peinte
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Second livre des Amours
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Chanson
Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie.
Bonjour mon oeil, bonjour ma chère amie,
Hé ! bonjour ma toute belle,
Ma mignardise, bonjour,
Mes délices, mon Amour,
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Bonjour mon coeur, bonjour ma douce vie
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Second livre des Amours
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Or que l'hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats Amoureux.
Assisons-nous sur cette molle couche.
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Amourette
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Amours diverses
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Quand en songeant ma folâtre j'acolle,
Laissant mes flancs sur les siens s'allonger,
Et que, d'un branle habilement léger,
En sa moitié ma moitié je recolle !
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Quand en songeant ma folâtre j'acolle
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Amours diverses
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Amour, je ne me plains de l'orgueil endurci,
Ni de la cruauté de ma jeune Lucrèce,
Ni comme, sans recours, languir elle me laisse :
Je me plains de sa main et de son godmicy.
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Amour, je ne me plains de l'orgueil endurci
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Premier livre des Amours
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Une beauté de quinze ans enfantine,
Un or frisé de maint crêpe anelet,
Un front de rose, un teint damoiselet,
Un ris qui l'âme aux Astres achemine ;
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Une beauté de quinze ans enfantine
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Premier livre des Amours
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Sur mes vingt ans, pur d'offense et de vice,
Guidé, mal-caut, d'un trop aveugle oiseau,
Ayant encore le menton damoiseau,
Sain et gaillard je vins à ton service.
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Sur mes vingt ans, pur d'offense et de vice
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Premier livre des Amours
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Soit que son or se crêpe lentement
Ou soit qu'il vague en deux glissantes ondes,
Qui çà, qui là par le sein vagabondes,
Et sur le col, nagent folâtrement ;
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Soit que son or se crêpe lentement
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Premier livre des Amours
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Si seulement l'image de la chose
Fait à noz yeux la chose concevoir,
Et si mon oeil n'a puissance de voir,
Si quelqu'idole au devant ne s'oppose :
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Si seulement l'image de la chose
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Premier livre des Amours
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Si mille oeillets, si mille liz j'embrasse,
Entortillant mes bras tout à l'entour,
Plus fort qu'un cep, qui d'un Amoureux tour
La branche aimée, en mille plis enlasse :
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Si mille oeillets, si mille liz j'embrasse
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Premier livre des Amours
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Si je trépasse entre tes bras, Madame,
Il me suffit, car je ne veux avoir
Plus grand honneur, sinon que de me voir
En te baisant, dans ton sein rendre l'âme.
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Si je trépasse entre tes bras, Madame
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Premier livre des Amours
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Qui voudra voir comme un Dieu me surmonte,
Comme il m'assaut, comme il se fait vainqueur,
Comme il renflamme et renglace mon coeur,
Comme il reçoit un honneur de ma honte,
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Qui voudra voir comme un Dieu me surmonte
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Premier livre des Amours
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Quand je te voy seule assise à par-toy,
Toute amusée avecques ta pensée,
Un peu la teste encontre bas baissée,
Te retirant du vulgaire et de moy :
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Quand je te voy seule assise à par-toy
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Premier livre des Amours
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Pren ceste rose aimable comme toy,
Qui sers de rose aux roses les plus belles,
Qui sers de Fleur aux Fleurs les plus nouvelles,
Qui sers de Muse aux Muses et à moy.
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Pren ceste rose aimable comme toy
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Premier livre des Amours
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Plût-il à Dieu n'avoir jamais tâté
Si follement le tétin de m'amie !
Sans lui vraiment l'autre plus grande envie,
Hélas ! ne m'eût, ne m'eût jamais tenté.
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Plût-il à Dieu n'avoir jamais tâté
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Premier livre des Amours
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Plus mille fois que nul or terrien,
J'Aime ce front où mon tyran se joue
Et le vermeil de cette belle joue,
Qui fait honteux le pourpre Tyrien.
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Plus mille fois que nul or terrien
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Premier livre des Amours
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Petit nombril, que mon penser adore,
Et non mon oeil qui n'eut onques le bien
De te voir nu, et qui mérites bien
Que quelque ville on te bâtisse encore ;
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Petit nombril, que mon penser adore
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Premier livre des Amours
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Par un destin dedans mon coeur demeure,
L'oeil, et la main, et le crin délié
Qui m'ont si fort brûlé, serré, lié,
Qu'ars, pris, lassé, par eux faut que je meure.
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Par un destin dedans mon coeur demeure
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Premier livre des Amours
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Ores l'effroi et ores l'espérance
De tous côtés se campent en mon coeur :
Ni l'un ni l'autre au combat n'est vainqueur,
Pareils en force et en persévérance.
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Ores l'effroi et ores l'espérance
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Premier livre des Amours
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Ô doux parler, dont l'appât doucereux
Nourrit encore la faim de ma mémoire,
Ô front, d'Amour le Trophée et la gloire,
Ô ris sucrés, ô baisers savoureux ;
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Ô doux parler, dont l'appât doucereux
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Premier livre des Amours
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Ny voir flamber au point du jour les roses,
Ny liz plantez sus le bord d'un ruisseau,
Ny son de luth, ny ramage d'oyseau,
Ny dedans l'or les gemmes bien encloses,
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Ny voir flamber au point du jour les roses
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Premier livre des Amours
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Ni de son chef le trésor crépelu,
Ni de son ris l'une et l'autre fossette,
Ni l'embonpoint de sa gorge grassette,
Ni son menton rondement fosselu,
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Ni de son chef le trésor crépelu
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Premier livre des Amours
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Mon Dieu, que j'Aime à baiser les beaux yeux
De ma maîtresse, et à tordre en ma bouche
De ses cheveux l'or fin qui s'escarmouche
Si gaiement dessus deux petits cieux !
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Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaux yeux
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Premier livre des Amours
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Le Ciel ne veut, Dame, que je jouisse
De ce doux bien que dessert mon devoir ;
Aussi ne veux-je, et ne me plaît d'avoir
Sinon du mal en vous faisant service.
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Le Ciel ne veut, Dame, que je jouisse
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Premier livre des Amours
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Je voudrais être Ixion et Tantale,
Dessus la roue et dans les eaux là-bas,
Et nu à nu presser entre mes bras
Cette beauté qui les anges égale.
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Je voudrais être Ixion et Tantale
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Premier livre des Amours
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Je voudrais bien richement jaunissant
En pluie d'or goutte à goutte descendre
Dans le beau sein de ma belle Cassandre,
Lors qu'en ses yeux le somme va glissant.
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Je voudrais bien richement jaunissant
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Premier livre des Amours
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Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse,
Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein
D'ambre et de musc, baiser d'une Déesse.
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Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse
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Premier livre des Amours
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Peins-moi, Janet, peins-moi, je te supplie
Dans ce tableau les beautés de m'amie
De la façon que je te les dirai.
Comme importun je ne te supplierai
D'un art menteur quelque faveur lui faire :
Il suffit bien si tu la sais portraire
Ainsi qu'elle est, sans vouloir déguiser
Son naturel pour la favoriser,
Car la faveur n'est bonne que pour celles
Qui se font peindre, et qui ne sont pas belles.
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Elégie à Janet, peintre du roi
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Premier livre des Amours
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Dedans des Prez je vis une Dryade,
Qui comme Fleur s'assisoyt par les Fleurs,
Et mignotoyt un chappeau de couleurs,
Echevelée en simple verdugade.
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Dedans des Prez je vis une Dryade
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Premier livre des Amours
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Dans le serein de sa jumelle flamme
Je vis Amour, qui son arc débandait,
Et sur mon coeur le brandon épandait,
Qui des plus froids les moelles enflamme.
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Dans le serein de sa jumelle flamme
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Premier livre des Amours
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Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
L'oyseux crystal de la morne gelée,
Pour mieulx brouster l'herbette emmielée
Hors de son boys avec l'Aube s'en fuit,
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Comme un chevreuil, quand le printemps destruit
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Premier livre des Amours
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Ciel, air et vents, plains et monts découverts,
Tertres vineux et forêts verdoyantes,
Rivages torts et sources ondoyantes,
Taillis rasés et vous bocages verts,
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Ciel, air et vents, plains et monts découverts
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Premier livre des Amours
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Ces liens d'or, cette bouche vermeille,
Pleine de lis, de roses et d'oeillets,
Et ces coraux chastement vermeillets,
Et cette joue à l'Aurore pareille ;
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Ces liens d'or, cette bouche vermeille
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Premier livre des Amours
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Ce beau corail, ce marbre qui soupire,
Et cet ébène ornement du sourcil,
Et cet albâtre en voûte raccourci,
Et ces saphirs, ce jaspe et ce porphyre,
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Ce beau corail, ce marbre qui soupire
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Premier livre des Amours
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Bien que les champs, les fleuves et les lieux,
Les monts, les bois, que j'ai laissés derrière,
Me tiennent loin de ma douce guerrière,
Astre fatal d'où s'écoule mon mieux,
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Bien que les champs, les fleuves et les lieux
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Premier livre des Amours
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Avant le temps tes temples fleuriront,
De peu de jours ta fin sera bornée,
Avant le soir se clorra ta journée ,
Trahis d'espoir tes pensers periront :
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Avant le temps tes temples fleuriront
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Premier livre des Amours
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Ange divin, qui mes plaies embaume,
Le truchement et le héraut des dieux,
De quelle porte es-tu coulé des cieux,
Pour soulager les peines de mon âme ?
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Ange divin, qui mes plaies embaume
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Premier livre des Amours
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Amour me tue, et si je ne veux dire
Le plaisant mal que ce m'est de mourir :
Tant j'ai grand peur, qu'on veuille secourir
Le mal, par qui doucement je soupire.
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Amour me tue, et si je ne veux dire
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derniers vers
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J'ay varié ma vie en devidant la trame
Que Clothon me filoit entre malade et sain,
Maintenant la santé se logeoit en mon sein,
Tantost la maladie extreme fleau de l'ame.
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Stances
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derniers vers
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Quoy mon ame, dors tu engourdie en ta masse ?
La trompette a sonné, serre bagage, et va
Le chemin deserté que Jesuchrist trouva,
Quand tout mouillé de sang racheta nostre race.
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Quoy mon ame, dors tu engourdie en ta masse
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derniers vers
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Ronsard repose icy qui hardy dés enfance
Détourna d'Helicon les Muses en la France,
Suivant le son du luth et les traits d'Apollon :
Mais peu valut sa Muse encontre l'eguillon
De la mort, qui cruelle en ce tombeau l'enserre.
Son ame soit à Dieu, son corps soit à la terre.
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derniers vers
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Meschantes nuicts d'hyver, nuicts filles de Cocyte
Que la terre engendra d'Encelade les seurs,
Serpentes d'Alecton, et fureur des fureurs,
N'aprochez de mon lict, ou bien tournez plus vitte.
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Meschantes nuicts d'hyver
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derniers vers
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Je n'ay plus que les os, un Schelette je semble,
Decharné, denervé, demusclé, depoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble.
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Je n'ay plus que les os, un Schelette je semble
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derniers vers
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Il faut laisser maisons et vergers et jardins,
Vaisselles et vaisseaux que l'artisan burine,
Et chanter son obseque en la façon du Cygne,
Qui chante son trespas sur les bors Maeandrins.
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Il faut laisser maisons et vergers et jardins
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derniers vers
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Donne moy tes presens en ces jours que la Brume
Fait les plus courts de l'an, ou de ton rameau teint
Dans le ruisseau d'Oubly dessus mon front espreint,
Endor mes pauvres yeux, mes gouttes et mon rhume.
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Donne moy tes presens en ces jours que la Brume
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derniers vers
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Ah longues nuicts d'hyver de ma vie bourrelles,
Donnez moy patience, et me laissez dormir,
Vostre nom seulement, et suer et fremir
Me fait par tout le corps, tant vous m'estes cruelles.
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Ah longues nuicts d'hyver de ma vie bourrelles
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derniers vers
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Amelette Ronsardelette,
Mignonnelette doucelette,
Treschere hostesse de mon corps,
Tu descens là bas foiblelette,
Pasle, maigrelette, seulette,
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A son âme
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Les meslanges
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Que tu es Ciceron un affetté menteur,
Qui dis, qu'il n'y a mal sinon que l'infamie,
Si tu portois celui que me cause m'amie,
Pour le moins tu dirois que c'est quelque malheur.
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Que tu es Cicéron ...
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Les meslanges
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Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots selon la guise
De ceux qui pour louer Dieu
Humbles se courbent au lieu
Le plus secret de l'église.
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Quand au temple nous serons
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Les meslanges
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Mon petit Bouquet mon mignon,
Qui m'es plus fidel' compaignon
Qu'Oreste ne fut à Pilade,
Tout le jour quand je suis malade
Mes valets qui pour leur devoir
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Odelette a son bouquet
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Les meslanges
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Je veux aymer ardentement,
Aussi veus-je qu'egallement
On m'ayme d'une Amour ardente :
Toute amitié froidement lente
Qui peut dissimuler son bien
Ou taire son mal, ne vaut rien,
Car faire en Amours bonne mine
De n'aymer point c'est le vray sine*.
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Odelette à sa maistresse
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Les meslanges
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Tai toi babillarde Arondelle,
Par Dieu je plumerai ton aile
Si je t'empongne, ou d'un couteau
Je te couperai ta languette,
Qui matin sans repos caquette
Et m'estourdit tout le cerveau.
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Odelette à l'Arondelle
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Les meslanges
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Pipé des ruses d'Amour
Je me promenois un jour
Devant l'huis de ma cruelle,
Et tant rebuté j'estois,
Qu'en jurant je prometois
De m'enfuir de chez elle.
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Ode en dialogue, l'Espérance et Ronsard
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Les meslanges
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J'avoi les yeux et le coeur
Malades d'une langueur
L'une à l'autre différente,
Toujours une fievre ardente
Le pauvre coeur me bruloit,
Et toujours l'oeil distiloit
Une pluye caterreuse,
Qui s'écoulant dangereuse
Tout le cerveau m'espuisoit.
Lors mon coeur aus yeus disoit :
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Lire la suite:
Ode en dialogue des yeux et de son coeur
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Les meslanges
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Ah fievreuse maladie,
Coment es-tu si hardie
D'assaillir mon pauvre cors
Qu'Amour dedans et dehors
De nuit et de jour m'enflame,
Jusques au profond de l'ame ;
Et sans pitié prend à jeu
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Ode à la fièvre
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Les meslanges
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T'oseroit bien quelque poëte
Nyer des vers, douce aloüette ?
Quant à moy je ne l'oserois,
Je veux celebrer ton ramage
Sur tous oyseaus qui sont en cage,
Et sur tous ceus qui sont es bois.
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Lire la suite:
Ode à l'Aloüette
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Les meslanges
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En vous donnant ce pourtraict mien
Dame, je ne vous donne rien
Car tout le bien qui estoit nostre
Amour dès le jour le fit vostre
Que vous me fistes prisonnier,
Mais tout ainsi qu'un jardinier
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Ode à Cassandre
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Les meslanges
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Le boyteus mari de Vénus
Aveques ses Cyclopes nus
R'alumoir un jour les flammeches
De sa forge, à fin d'echaufer
Une grande masse de fer
Pour en faire à l'Amour des fleches.
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Lire la suite:
Le boyteus mari de Vénus ...
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Les meslanges
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J'aï pour maistresse une etrange Gorgonne,
Qui va passant les anges en beauté,
C'est un vray Mars en dure cruauté,
En chasteté la fille de Latonne.
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Lire la suite:
J'ai pour maitresse ...
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Les meslanges
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Foudroye moy de grace ainsi que Capanée
O pere Jupiter, et de ton feu cruel
Esteins moy l'autre feu qu'Amour continuel
Toujours m'alume au coeur d'une flame obstinée.
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Lire la suite:
Foufroye moy de grace ...
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Les meslanges
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Celui qui boit, comme a chanté Nicandre,
De l'Aconite, il a l'esprit troublé,
Tout ce qu'il voit lui semble estre doublé,
Et sur ses yeux la nuit se vient espandre.
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Celui qui boit ...
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Les meslanges
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Amour tu semble au phalange qui point
Lui de sa queüe, et toi de ta quadrelle :
De tous deux est la pointure mortelle,
Qui rempe au coeur, et si n'aparoist point.
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Amour, tu sembles ..
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Les meslanges
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Naguiere chanter je voulois
Comme Francus au bord Gaulois
Avecq' sa troupe vint descendre,
Mais mon luc pinçé de mon doi,
Ne vouloit en dépit de moi
Que chanter Amour, et Cassandre.
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A sa lyre
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Le bocage
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Si d'un mort qui pourri repose
Nature engendre quelque chose,
Et si la generation
Se fait de la corruption,
Une vigne prendra Naissance
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Epitafe de Francois Rabelais
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Le bocage
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Lors que ta mere estoit preste à gesir de toi,
Si Jupiter, des Dieus et des Hommes le roi,
Lui eust juré ces mots : l'enfant dont tu es pleine,
Sera tant qu'il vivra sans douleur et sans peine,
Et tousjours lui viendront les biens sans y songer,
Tu dirois à bon droit Jupiter mensonger.
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A lui mesme
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Les Odes
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Verson ces roses pres ce vin,
De ce vin verson ces roses,
Et boyvon l'un à l'autre, afin
Qu'au coeur noz tristesses encloses
Prennent en boyvant quelque fin.
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Versons ces roses pres ce vin
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Les Odes
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Quand je suis vingt ou trente mois
Sans retourner en Vendômois,
Plein de pensées vagabondes,
Plein d'un remords et d'un souci,
Aux rochers je me plains ainsi,
Aux bois, aux antres et aux ondes.
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Quand je suis vingt ou trente mois
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Les Odes
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Pourtant, si j'ai le chef plus blanc
Que n'est d'un lis la Fleur éclose,
Et toi le visage plus franc
Que n'est le bouton d'une rose
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Odelette
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Les Odes
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Pourquoi, comme une jeune Poutre,
De travers guignes-tu vers moi ?
Pourquoi, farouche, fuis-tu outre,
Quand je veux approcher de toi ?
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Odelette à une jeune maîtresse
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Les Odes
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Ô Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source,
Fuyantes le Satyreau,
Qui les pourchasse à la course
Jusqu'au bord de ton ruisseau,
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Ô Fontaine Bellerie
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Les Odes
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A Cassandre
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
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Mignonne, allons voir si la rose
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Les Odes
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J'ai l'esprit tout ennuyé
D'avoir trop étudié
Les Phénomènes d'Arate ;
Il est temps que je m'ébatte
Et que j'aille aux champs jouer.
Bons Dieux ! qui voudrait louer
Ceux qui, collés sus un Livre,
N'ont jamais souci de vivre ?
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J'ai l'esprit tout ennuyé
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Les Odes
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Nuit, des Amours ministre et sergente fidele
Des arrests de Venus, et des saintes lois d'elle,
Qui secrete acompaignes
L'impatient ami de l'heure acoutumée,
Ô l'aimée des Dieus, mais plus encore aimée
Des étoiles compaignes,
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Himne à la Nuit
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Les Odes
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L'inimitié que je te porte,
Passe celle, tant elle est forte,
Des aigneaux et des loups,
Vieille sorcîere deshontée,
Que les bourreaux ont fouëttée
Te honnissant de coups.
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Contre Denise Sorcière
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Les Odes
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Couché sous tes ombrages verts,
Gastine, je te chante
Autant que les Grecs, par leurs vers
La forêt d'Érymanthe :
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À la forêt de Gastine
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Les Odes
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Le jour pousse la nuit,
Et la nuit sombre
Pousse le jour qui luit
D'une obscure ombre.
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A Cupidon
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