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textes poetiques
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Un oiseau Solitaire aux bizarres couleurs
Est venu se poser sur une enfant ; mais elle,
Arrachant son plumage où le prisme étincelle,
De toute sa parure elle fait des douleurs ;
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L'inspiration
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textes poetiques
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On a bâti là, plus réel
Que l'échelle du patriarche,
Un escalier dont chaque marche
Est vraiment un pas vers le ciel.
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L'escalier de l'ara coeli
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textes poetiques
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Les étoiles au loin brillent silencieuses,
Au fond d'un ciel sans lune, éclatantes ce soir,
Comme dans leur écrin les pierres précieuses
Semblent de plus belle eau sur un velours plus noir.
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Prologue
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Stances et poèmes
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Je rêve, et la pâle rosée
Dans les plaines perle sans bruit,
Sur le duvet des Fleurs posée
Par la main fraîche de la nuit.
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Rosées
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Stances et poèmes
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Je voudrais, les prunelles closes,
Oublier, renaître, et jouir
De la nouveauté, Fleur des choses,
Que l'àge fait évanouir.
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Renaissance
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Stances et poèmes
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Ce beau printemps qui vient de naître
A peine goûté va finir ;
Nul de nous n'en fera connaître
La grâce aux peuples à venir.
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Printemps oublié
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Stances et poèmes
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Il pleut. J'entends le bruit égal des eaux ;
Le feuillage, humble et que nul vent ne berce,
Se penche et brille en pleurant sous l'averse ;
Le deuil de l'air afflige les oiseaux.
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Pluie
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Stances et poèmes
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Elle est si douce, la pensée,
Qu'il faut, pour en sentir l'attrait,
D'une vision commencée
S'éveiller tout à coup distrait.
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Pensée perdue
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Stances et poèmes
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Montez, montez, oiseaux, à la fange rebelles,
Du poids fatal les seuls vainqueurs !
A vous le jour sans ombre et l'air, à vous les ailes
Qui font planer les yeux aussi haut que les coeurs !
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Les oiseaux
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Stances et poèmes
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Le vase où meurt cette verveine
D'un coup d'éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l'a révélé.
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Le vase brisé
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Stances et poèmes
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Le long des quais les grands vaisseaux,
Que la houle incline en silence,
Ne prennent pas garde aux berceaux
Que la main des Femmes balance.
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Le long du quai
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Stances et poèmes
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A l'Air, le dieu puissant qui soulève les ondes
Et fouette les hivers,
A l'Air, le dieu léger qui rend les Fleurs fécondes
Et sonores les vers,
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La chanson de l'air
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Stances et poèmes
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La lune est grande, le ciel clair
Et plein d'astres, la terre est blême.
Et l'àme du monde est dans l'air.
Je rêve à l'étoile suprême,
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L'idéal
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Stances et poèmes
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L'habitude est une étrangère
Qui supplante en nous la raison :
C'est une ancienne ménagère
Qui s'installe dans la maison.
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L'habitude
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Stances et poèmes
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J'ai dans mon coeur, j'ai sous mon front
Une âme invisible et présente :
Ceux qui doutent la chercheront ;
Je la répands pour qu'on la sente.
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L'âme
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Stances et poèmes
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Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours...
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Ici-bas
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Les épreuves
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J'ai salué le jour dès avant mon réveil ;
Il colorait déjà ma pesante paupière,
Et je dormais encor, mais sa rougeur première
A visité mon âme à travers le sommeil.
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Hora prima
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Les épreuves
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On connaît toujours trop les causes de sa peine,
Mais on cherche parfois celles de son plaisir ;
Je m'éveille parfois l'âme toute sereine,
Sous un charme étranger que je ne peux saisir.
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Joies sans causes
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Epaves
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Comme un verre intact, avant l'heure
Où le remplira l'échanson,
Au plus léger coup qui l'effleure
Vibre d'un sonore frisson,
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Le premier amour
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Epaves
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Si j'ose comparer le déclin de ma vie
A ton coucher sublime, ô Soleil ! je t'envie.
Ta gloire peut sombrer, le retour en est sûr :
Elle renaît immense avec l'immense azur.
De ton sanglant linceul tout le ciel se colore,
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Le coucher du soleil
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Epaves
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Ah ! chante encore, chante, chante !
Mon âme a soif des bleus éthers.
Que cette caresse arrachante
En rompe les terrestres fers !
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La musique
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Epaves
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Dans un antique vase en Grèce découvert,
D'une tombe exhumé, fait d'une argile pure
Et dont le col est svelte, exquise la courbure,
Trempe cette jacinthe, emblème aux yeux offert.
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La jacinthe
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Epaves
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L'Indulgence est tendre, elle est Femme.
Ceux qu'un faux pas, même expié,
Dans le monde à jamais diffame,
Lavent leur front dans sa pitié.
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L'indulgence
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Epaves
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Ah ! le cours de mes ans ne peut que faire envie :
Je ne maudirai pas le jour où je suis né.
Si Dieu m'a fait souffrir, il m'a beaucoup donné,
Je ne me plaindrai pas d'avoir connu la vie.
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Ah ! le cours de mes ans...
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Les solitudes
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Ne jamais la voir ni l'entendre,
Ne jamais tout haut la nommer,
Mais, fidèle, toujours l'attendre,
Toujours l'Aimer.
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Soupir
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Les solitudes
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Il est plus d'un silence, il est plus d'une nuit,
Car chaque Solitude a son propre mystère :
Les bois ont donc aussi leur façon de se taire
Et d'être obscurs aux yeux que le rêve y conduit.
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Silence et nuit des bois
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Les solitudes
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Toi qui fleuris ce que tu touches,
Qui, dans les bois, aux vieilles souches
Rends la vigueur,
Le sourire à toutes les bouches,
La vie au coeur ;
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Prière au printemps
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Les solitudes
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Je veux lui dire quelque chose,
Je ne peux pas ;
Le mot dirait plus que je n'ose,
Même tout bas.
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Scrupule
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Les solitudes
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On voit dans les sombres écoles
Des petits qui pleurent toujours ;
Les autres font leurs cabrioles,
Eux, ils restent au fond des cours.
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Première solitude
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Les solitudes
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Va, ne nous plaignons pas de nos heures d'angoisse.
Un trop facile Amour n'est pas sans repentir ;
Le bonheur se flétrit, comme une Fleur se froisse
Dès qu'on veut l'incliner vers soi pour la sentir.
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Ne nous plaignons pas
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Les solitudes
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Nul troupeau n'erre ni ne broute ;
Le berger s'allonge à l'écart ;
La poussière dort sur la route,
Le charretier sur le brancard.
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Midi au village
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Les solitudes
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En mars, quand s'achève l'hiver,
Que la campagne renaissante
Ressemble à la convalescente
Dont le premier sourire est cher ;
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Mars
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Les solitudes
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Les stalactites
J'Aime les grottes où la torche
Ensanglante une épaisse nuit,
Où l'écho fait, de porche en porche,
Un grand soupir du moindre bruit.
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Les stalactites
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Les solitudes
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Dans les serres silencieuses
Où l'hiver invite à s'asseoir,
Sous un jour blême comme un soir
Fument les plantes précieuses.
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Les serres et les bois
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Les solitudes
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Les caresses ne sont que d'inquiets transports,
Infructueux essais du pauvre Amour qui tente
L'impossible union des âmes par les corps.
Vous êtes séparés et seuls comme les morts,
Misérables vivants que le baiser tourmente !
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Les caresses
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Les solitudes
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Toi qui m'entends sans peur te parler de la mort,
Parce que ton espoir te promet qu'elle endort
Et que le court sommeil commencé dans son ombre
S'achève au clair pays des étoiles sans nombre,
Reçois mon dernier voeu pour le jour où j'irai
Tenter seul, avant toi, si ton espoir dit vrai.
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Le volubilis
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Les solitudes
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Si tu m'appartenais (faisons ce rêve étrange ! ),
Je voudrais avant toi m'éveiller le matin
Pour m'accouder longtemps près de ton sommeil d'ange,
Egal et murmurant comme un ruisseau lointain.
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Le réveil
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Les solitudes
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Quand l'être cher vient d'expirer,
On sent obscurément la perte,
On ne peut pas encor pleurer :
La mort présente déconcerte ;
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Le dernier adieu
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Les solitudes
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Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
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Le cygne
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Les solitudes
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Viennent les ans ! J'aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n'ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.
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La vieillesse
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Les solitudes
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Dans un flot de gaze et de soie,
Couples pâles, silencieux,
Ils tournent, et le parquet ploie,
Et vers le lustre qui flamboie
S'égarent demi-clos leurs yeux.
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La valse
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Les solitudes
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enfant sur la terre on se traîne,
Les yeux et l'âme émerveillés,
Mais, plus tard, on regarde à peine
Cette terre qu'on foule aux pieds.
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La terre et l'enfant
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Les solitudes
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Oui, je sais qu'elle est la plus belle,
La reine du bal, je le sais ;
Mais je suis un vaincu rebelle,
Je ne la servirai jamais.
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La reine du bal
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Les solitudes
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Un soir, vaincu par le labeur
Où s'obstine le front de l'Homme,
Je m'assoupis, et dans mon somme
M'apparut un bouton de Fleur.
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La pensée
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Les solitudes
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La mer pousse une vaste plainte,
Se tord et se roule avec bruit,
Ainsi qu'une géante enceinte
Qui des grandes douleurs atteinte,
Ne pourrait pas donner son fruit ;
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La mer
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Les solitudes
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Femmes, vous blasphémez l'Amour, quand d'aventure
Un seul rebelle insulte à votre royauté.
Ah ! C'est un pire affront qu'en silence elle endure,
La jeune fille à qui la marâtre nature
A dénié sa gloire et son droit : la beauté !
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La laide
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Les solitudes
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J'ai vu, tels que des morts réveillés par le glas,
Les moines, lampe en main, se ranger en silence,
Puis pousser, comme un vol de corbeaux qui s'élance,
Leurs noirs miserere qui plaisent au coeur las.
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La Grande Chartreuse
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Les solitudes
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C'est une grande allée à deux rangs de tilleuls.
Les enfants, en plein jour, n'osent y marcher seuls,
Tant elle est haute, large et sombre.
Il y fait froid l'été presque autant que l'hiver ;
On ne sait quel sommeil en appesantit l'air,
Ni quel deuil en épaissit l'ombre.
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La grande allée
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Les solitudes
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Femme, cette colombe au col rose et mouvant,
Que ta bouche entr'ouverte baise,
Ne l'avait pas sentie humecter si souvent
Son bec léger qui vibre d'aise.
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La colombe et le lis
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Les solitudes
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Au temps où les plaines sont vertes,
Où le ciel dore les chemins,
Où la grâce des Fleurs ouvertes
Tente les lèvres et les mains,
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La bouture
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Les solitudes
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Les grands appartements qu'elle habite l'hiver
Sont tièdes. Aux plafonds, légers comme l'éther,
Planent d'Amoureuses peintures.
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L'une d'elles
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Les solitudes
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Vous qui m'aiderez dans mon agonie,
Ne me dites rien ;
Faites que j'entende un peu d'harmonie,
Et je mourrai bien.
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L'agonie
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Les solitudes
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Dans cette mascarade immense des vivants
Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise ;
Faite pour révéler, la parole déguise,
Et la face n'est plus qu'un masque aux traits savants.
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Dernière solitude
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Les solitudes
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Une eau croupie est un miroir
Plus fidèle encor qu'une eau pure,
Et l'image la transfigure,
Prêtant ses couleurs au fond noir.
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Déception
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Les solitudes
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Heureuses les lèvres de chair !
Leurs baisers se peuvent répondre ;
Et les poitrines pleines d'air !
Leurs soupirs se peuvent confondre.
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Corps et âmes
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Les solitudes
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Seras-tu de l' Amour l'éternelle pâture ?
A quoi te sert la volonté,
Si ce n'est point, ô coeur, pour vaincre ta torture,
Et dans la paix enfin, plus fort que la nature,
T'asseoir sur le désir dompté,
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Combats intimes
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Les solitudes
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À vingt ans on a l'oeil difficile et très fier :
On ne regarde pas la première venue,
Mais la plus belle ! Et, plein d'une extase ingénue,
On prend pour de l'Amour le désir né d'hier.
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A vingt ans
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Les vaines tendresses
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Dans ce nid furtif où nous sommes,
Ô ma chère âme, seuls tous deux,
Qu'il est bon d'oublier les Hommes,
Si près d'eux !
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Un rendez-vous
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Les vaines tendresses
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Nature, accomplis-tu tes oeuvres au hasard,
Sans raisonnable loi ni prévoyant génie ?
Ou bien m'as-tu donné par cruelle ironie
Des lèvres et des mains, l'ouïe et le regard ?
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Trop tard
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Les vaines tendresses
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La pudeur n'a pas de clémence,
Nul aveu ne reste impuni,
Et c'est par le premier nenni
Que l'ère des douleurs commence.
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Silence
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