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Les poésies Théodore Agrippa d'Aubigné
(1552-1630)


Usons ici le fiel de nos fâcheuses vies

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... Usons ici le fiel de nos fâcheuses vies,
Horriblant de nos cris les ombres de ces bois :
Ces roches égarées, ces fontaines suivies
Par l'écho des forêts répondront à nos voix.

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Tout cela qui sent l'homme à mourir me convie

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... Tout cela qui sent l'Homme à mourir me convie,
En ce qui est hideux je cherche mon confort :
Fuyez de moi, plaisirs, heurs, espérance et vie,
Venez, maux et malheurs et désespoir et mort !

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Quiconque sur les os des tombeaux effroyables

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Quiconque sur les os des tombeaux effroyables
Verra le triste amant, les restes misérables
D'un coeur séché d'Amour, et l'immobile corps
Qui par son âme morte est mis entre les morts,

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Quand mon esprit jadis sujet à ta colère

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... Quand mon esprit jadis sujet à ta colère
Aux Champ Élysiens achèvera mes pleurs,
Je verrai les amants qui de telle misère
Goûtèrent tels repos après de tels malheurs,
Tes semblables aussi que leur sentence même
Punit incessamment en Enfer creux et blême,

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Puisque le cors blessé, mollement estendu

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Puisque le cors blessé, mollement estendu
Sur un lit qui se courbe aux malheurs qu'il suporte
Me faict venir au ronge et gouster mes douleurs,
Mes membres, jouissez du repos pretendu,
Tandis l'esprit lassé d'une douleur plus forte
Esgalle au corps bruslant ses ardentes chaleurs.

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Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse

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Pressé de désespoir, mes yeux flambants je dresse
À ma beauté cruelle, et baisant par trois fois
Mon poignard nu, je l'offre aux mains de ma déesse,
Et lâchant mes soupirs en ma tremblante voix,
Ces mots coupés je presse :

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Mais quoi ! déjà les Cieux s'accordent à pleurer

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... Mais quoi ! déjà les Cieux s'accordent à pleurer,
Le soleil s'obscurcit, une amère rosée
Vient de gouttes de fiel la terre énamourer,
D'un crêpe noir la lune en gémit déguisée,
Et tout pour mon Amour veut ma mort honorer.

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J'ouvre mon estomac, une tombe sanglante

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J'ouvre mon estomac, une tombe sanglante
De maux ensevelis. Pour Dieu, tourne tes yeux,
Diane, et vois au fond mon coeur parti en deux,
Et mes poumons gravés d'une ardeur violente,

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Complainte à sa dame

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Ne lisez pas ces vers, si mieux vous n'aimez lire
Les escrits de mon coeur, les feux de mon martyre :
Non, ne les lisez pas, mais regardez aux Cieux,
voyez comme ils ont joint leurs larmes à mes larmes,
Oyez comme les vents pour moy levent les armes,
A ce sacré papier ne refusez vos yeux.

 

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A longs filets de sang ce lamentable corps

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A longs filets de sang ce lamentable corps
Tire du lieu qu'il fuit le lien de son âme,
Et séparé du coeur qu'il a laissé dehors,
Dedans les forts liens et aux mains de sa dame,
Il s'enfuit de sa vie et cherche mille morts.

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A l'éclair violent de ta face divine

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A l'éclair violent de ta face divine,
N'étant qu'Homme mortel, ta céleste beauté
Me fit goûter la mort, la mort et la ruine
Pour de nouveau venir à l'immortalité.

Ton feu divin brûla mon essence mortelle,
Ton céleste m'éprit et me ravit aux Cieux,
Ton âme était divine et la mienne fut telle :
Déesse, tu me mis au rang des autres dieux.

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Jean de La Fontaine est l'auteur des Fables de La Fontaine. Jean de la Fontaine est un contemporain de Molière , Nicolas Boileau , Racine ou Corneille, Il vécurent tous sous le règne du Roi Louis XIV le roi soleil

© 2012

 

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