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Emaux et camées
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15 décembre
Par l'ennui chassé de ma chambre,
J'errais le long du boulevard :
IL faisait un temps de décembre,
Vent froid, fine pluie et brouillard ;
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Vieux de la vieille
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Emaux et camées
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Les mouettes volent et jouent ;
Et les blancs coursiers de la mer,
Cabrés sur les vagues, secouent
Leurs crins échevelés dans l'air.
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Tristesse en mer
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Emaux et camées
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De leur col blanc courbant les lignes,
On voit dans les Contes du Nord,
Sur le vieux Rhin, des Femmes-cygnes
Nager en chantant près du bord,
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Symphonie en blanc majeur
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Emaux et camées
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A travers la folle risée
Que Saint-Marc renvoie au Lido,
Une gamme monte en fusée,
Comme au clair de lune un jet d'eau...
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Sur le Carnaval de Venise 4-Clair de lune sentimental
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Emaux et camées
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Venise pour le bal s'habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.
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Sur le Carnaval de Venise 3-Carnaval
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Emaux et camées
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Tra la, tra la, la, la, la laire !
Qui ne connaît pas ce motif ?
A nos mamans il a su plaire,
Tendre et gai, moqueur et plaintif :
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Sur le Carnaval de Venise 2-Sur les lagunes
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Emaux et camées
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Il est un vieil air populaire
Par tous les violons raclé,
Aux abois des chiens en colère
Par tous les orgues nasillé.
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Sur le Carnaval de Venise 1-Dans la rue
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Emaux et camées
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enfant aux airs d'impératrice,
Colombe aux regards de faucon,
Tu me hais, mais c'est mon caprice,
De me planter sous ton balcon.
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Rondalla
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Emaux et camées
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Tandis qu'à leurs oeuvres perverses
Les Hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.
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Premier sourire du printemps
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Emaux et camées
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Plaintive tourterelle,
Qui roucoules toujours,
Veux-tu prêter ton aile
Pour servir mes Amours !
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Plaintive tourterelle
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Emaux et camées
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Pour que je t'Aime, ô mon poëte,
Ne fais pas fuir par trop d'ardeur
Mon Amour, colombe inquiète,
Au ciel rose de la pudeur.
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Odelette anacréontique
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Emaux et camées
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Le ciel est noir, la terre est blanche ;
- Cloches, carillonnez gaîment ! -
Jésus est né ; - la Vierge penche
Sur lui son visage charmant.
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Noël
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Emaux et camées
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Au mois d'avril, la terre est rose,
Comme la jeunesse et l'Amour ;
Pucelle encore, à peine elle ose
Payer le Printemps de retour.
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Lied
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Emaux et camées
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La petite Marie est morte,
Et son cercueil est si peu long
Qu'il tient sous le bras qui l'emporte
Comme un étui de violon.
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Les joujoux de la morte
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Emaux et camées
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Ravivant les langueurs nacrées
De tes yeux battus et vainqueurs,
En mèches de parfum lustrées
Se courbent deux accroche-coeurs.
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Les accroche-coeurs
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Emaux et camées
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Biorn, étrange cénobite,
Sur le plateau d'un roc pelé,
Hors du temps et du monde, habite
La tour d'un burg démantelé.
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Le souper des armures
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Emaux et camées
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Marbre de Paros
Un jour, au doux rêveur qui l'Aime,
En train de montrer ses trésors,
Elle voulut lire un poème,
Le poème de son beau corps.
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Le poème de la femme
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Emaux et camées
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Le monde est méchant, ma petite :
Avec son sourire moqueur
Il dit qu'à ton côté palpite
Une montre en place de coeur.
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Le monde est méchant
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Emaux et camées
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Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d'espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.
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Le merle
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Emaux et camées
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La main au front, le pied dans l'âtre,
Je songe et cherche à revenir,
Par delà le passé grisâtre,
Au vieux château du Souvenir.
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Le château du Souvenir
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Emaux et camées
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Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l'eau prend sa course
Comme pour s'en aller bien loin.
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La source
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Emaux et camées
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La plus délicate des roses
Est, à coup sûr, la rose-thé.
Son bouton aux feuilles mi-closes
De carmin à peine est teinté.
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La rose-thé
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Emaux et camées
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A l'horizon monte une nue,
Sculptant sa forme dans l'azur :
On dirait une vierge nue
Emergeant d'un lac au flot pur.
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La nue
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Emaux et camées
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Deux fois je regarde ma montre,
Et deux fois à mes yeux distraits
L'aiguille au même endroit se montre ;
Il est une heure... une heure après.
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La montre
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Emaux et camées
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Sur les tuiles où se hasarde
Le chat guettant l'oiseau qui boit,
De mon balcon une mansarde
Entre deux tuyaux s'aperçoit.
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La mansarde
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Emaux et camées
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Caprice d'un pinceau fantasque
Et d'un impérial loisir,
Votre fellah, sphinx qui se masque,
Propose une énigme au désir.
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La fellah
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Emaux et camées
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Quel temps de chien ! - il pleut, il neige ;
Les cochers, transis sur leur siège,
Ont le nez bleu.
Par ce vilain soir de décembre,
Qu'il ferait bon garder la chambre,
Devant son feu !
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La bonne soirée
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Emaux et camées
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Sur cette place je m'ennuie,
Obélisque dépareillé ;
Neige, givre, bruine et pluie
Glacent mon flanc déjà rouillé ;
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L'obélisque de Paris
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Emaux et camées
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Je veille, unique sentinelle
De ce grand palais dévasté,
Dans la Solitude éternelle,
En face de l'immensité.
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L'obélisque de Luxor
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Emaux et camées
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Un aveugle au coin d'une borne,
Hagard comme au jour un hibou,
Sur son flageolet, d'un air morne,
Tâtonne en se trompant de trou,
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L'aveugle
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Emaux et camées
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Oui, l'oeuvre sort plus belle
D'une forme au travail
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.
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L'art
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Emaux et camées
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Là-bas, sous les arbres s'abrite
Une chaumière au dos bossu ;
Le toit penche, le mur s'effrite,
Le seuil de la porte est moussu.
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Fumée
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Emaux et camées
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I
Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.
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Fantaisies d'hiver
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Emaux et camées
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Tout Amoureux, de sa maîtresse,
Sur son coeur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu'il caresse
Aux jours de regret ou d'espoir.
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Diamant du coeur
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Emaux et camées
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Voilà longtemps que je vous Aime :
- L'aveu remonte à dix-huit ans ! -
Vous êtes rose, je suis blême ;
J'ai les hivers, vous les printemps.
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Dernier voeu
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Emaux et camées
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Quand je mourrai, que l'on me mette,
Avant de clouer mon cercueil,
Un peu de rouge à la pommette,
Un peu de noir au bord de l'oeil.
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Coquetterie posthume
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Emaux et camées
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On voit dans le Musée antique,
Sur un lit de marbre sculpté,
Une statue énigmatique
D'une inquiétante beauté.
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Contralto
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Emaux et camées
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chanson d'automne
Déjà plus d'une feuille sèche
Parsème les gazons jaunis ;
Soir et matin, la brise est fraîche,
Hélas ! les beaux jours sont finis !
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Ce que disent les hirondelles
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Emaux et camées
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Carmen est maigre - un trait de bistre
Cerne son oeil de gitana ;
Ses cheveux sont d'un noir sinistre ;
Sa peau, le diable la tanna.
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Carmen
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Emaux et camées
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On admire les Fleurs de serre
Qui loin de leur soleil natal,
Comme des joyaux mis sous verre,
Brillent sous un ciel de cristal.
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Camélia et Pâquerette
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Emaux et camées
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Une Femme mystérieuse,
Dont la beauté trouble mes sens,
Se tient debout, silencieuse,
Au bord des flots retentissants.
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Caerulei oculi
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Emaux et camées
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Le squelette était invisible,
Au temps heureux de l'Art païen ;
L'Homme, sous la forme sensible,
Content du beau, ne cherchait rien.
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Bûchers et tombeaux
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Emaux et camées
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Mes colonnes sont alignées
Au portique du feuilleton ;
Elles supportent résignées
Du journal le pesant fronton.
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Après le feuilleton
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Emaux et camées
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J'Aime ton nom d'Apollonie,
Echo grec du sacré vallon,
Qui, dans sa robuste harmonie,
Te baptise soeur d'Apollon.
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Apollonie
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Emaux et camées
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Madrigal panthéiste
Dans le fronton d'un temple antique,
Deux blocs de marbre ont, trois mille ans,
Sur le fond bleu du ciel attique
Juxtaposé leurs rêves blancs ;
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Affinités secrètes
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Emaux et camées
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Que tu me plais dans cette robe
Qui te déshabille si bien,
Faisant jaillir ta gorge en globe,
Montrant tout nu ton bras païen !
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A une robe rose
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La comédie de la mort
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Sur le coteau, là-bas où sont les tombes,
Un beau palmier, comme un panache vert,
Dresse sa tête, où le soir les colombes
Viennent nicher et se mettre à couvert.
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Les colombes
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La comédie de la mort
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Une jeune chimère, aux lèvres de ma coupe,
Dans l'orgie, a donné le baiser le plus doux
Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe
Ondoyait en torrent l'or de ses cheveux roux.
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La chimère
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La comédie de la mort
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La caravane humaine au Sahara du monde,
Par ce chemin des ans qui n'a pas de retour,
S'en va traînant le pied, brûlée aux feux du jour,
Et buvant sur ses bras la sueur qui l'inonde.
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La caravane
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La comédie de la mort
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A travers les soupirs, les plaintes et le râle
Poursuivons jusqu'au bout la funèbre spirale
De ses détours maudits.
Notre guide n'est pas Virgile le poëte,
La Béatrix vers nous ne penche pas la tête
Du fond du paradis.
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A travers les soupirs, les plaintes et le râle
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La comédie de la mort
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Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;
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A deux beaux yeux
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La comédie de la mort
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Étoiles, qui d'en haut voyez valser les mondes,
Faites pleuvoir sur moi, de vos paupières blondes,
Vos pleurs de diamant ;
Lune, lis de la nuit, Fleur du divin parterre,
Verse-moi tes rayons, ô blanche Solitaire,
Du fond du firmament !
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Étoiles, qui d'en haut voyez valser les mondes
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La comédie de la mort
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La mort est multiforme, elle change de masque
Et d'habit plus souvent qu'une actrice fantasque ;
Elle sait se farder,
Et ce n'est pas toujours cette maigre carcasse,
Qui vous montre les dents et vous fait la grimace
Horrible à regarder.
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La mort est multiforme...
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La comédie de la mort
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La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ;
Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse
Pour vous pomper le sang,
Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes,
Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes,
Roulent leur oeil luisant.
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La spirale sans fin dans le vide s'enfonce
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La comédie de la mort
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Me voilà revenu de ce voyage sombre,
Où l'on n'a pour flambeaux et pour astre dans l'ombre
Que les yeux du hibou ;
Comme, après tout un jour de labourage, un buffle
S'en retourne à pas lents, morne et baissant le mufle,
Je vais ployant le cou.
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Me voila
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La comédie de la mort
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Ne me sois pas marâtre, ô nature chérie,
Redonne un peu de sève à la plante flétrie
Qui ne veut pas mourir ;
Les torrents de mes yeux ont noyé sous leur pluie
Son bouton tout rongé que nul soleil n'essuie
Et qui ne peut s'ouvrir.
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Ne me sois pas marâtre, ô nature chérie
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