Victor Hugo - Poèmes de Victor Hugo - Poésie de Victor Hugo
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Victor Hugo l'homme le poète
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Victor HugoVictor Hugo, de son nom complet Victor Marie Hugo, est un poète, romancier, dramaturge, critique. Il est né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885. Il est l’une des personnalités littéraires les plus marquantes de la France au 19ème siècle. Il est connu pour son orgueil légendaire et son engagement politique et littéraire. Victor Hugo est l’un des romanciers qui a énormément contribué au développement et au renouvellement de la poésie de son époque.
Victor Hugo Commentaires (1) |
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Victor Hugo histoire et biographie de Hugo
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Les châtiments Livre VII
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La conscience humaine est morte ; dans l’orgie,
Sur elle il s’accroupit ; ce cadavre lui plaît ;
Par moments, gai, vainqueur, la prunelle rougie,
Il se retourne et donne à la morte un soufflet.
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Ultima verba
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Les châtiments Livre VII
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A quoi ce proscrit pense-t-il ?
A son champ d’orge ou de laitue,
A sa charrue, à son outil,
A la grande France abattue.
Hélas ! le souvenir le tue.
Pendant qu’on rente les Dupin
Le pauvre exilé souffre et prie.
- On ne peut pas vivre sans pain ;
On ne peut pas non plus vivre sans la patrie.
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Chanson
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Les châtiments Livre VII
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Que devant les coquins l’honnête Homme soupire ;
Que l’histoire soit laide et plate ; que l’empire
Boite avec Talleyrand ou louche avec Parieu ;
Qu’un tour d’escroc bien fait ait nom grâce de Dieu ;
Que le pape en massue ait changé sa houlette ;
Qu’on voie au Champ-de-Mars piaffer sous l’épaulette
Le Meurtre général, le Vol aide-de-camp ;
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Force des choses
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Les châtiments Livre VII
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Etait-ce un rêve ? étais-je éveillé ? jugez-en.
Un Homme, - était-il grec, juif, chinois, turc, persan ?
Un membre du parti de l’ordre, véridique
Et grave, me disait : - cette mort juridique
Frappant ce charlatan, anarchiste éhonté,
Est juste. Il faut que l’ordre et que l’autorité
Se défendent. Comment souffrir qu’on les discute ?
D’ailleurs les lois sont là pour qu’on les exécute.
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Paroles d un conservateur à propos d un perturbateur
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Les châtiments Livre VII
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Quand l’eunuque régnait à côté du césar,
Quand Tibère, et Caïus, et Néron, sous leur char
Foulaient Rome, plus morte, hélas ! que Babylone,
Le poète saisit ces bourreaux sur leur trône ;
La muse entre deux vers, tout vivants, les scia.
Toi, faux prince, cousin du blême hortensia,
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Quand l eunuque régnait...
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Les châtiments Livre VII
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I
Ce serait une erreur de croire que ces choses
Finiront par des chants et des apothéoses ;
Certes, il viendra, le rude et fatal châtiment ;
Jamais l’arrêt d’en haut ne recule et ne ment,
Mais ces jours effrayants seront des jours sublimes.
Tu feras expier à ces Hommes leurs crimes,
Ô peuple généreux, ô peuple frémissant,
Sans glaive, sans verser une goutte de sang,
Par la loi ; sans pardon, sans fureur, sans tempête.
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Ce serait une erreur...
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Les châtiments Livre VII
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Cette nuit, il pleuvait, la marée était haute,
Un broui1lard lourd et gris couvrait toute la côte,
Les brisants aboyaient comme des chiens, le flot
Aux pleurs du ciel profond joignait son noir sanglot,
L’infini secouait et mêlait dans son urne
Les sombres tournoiements de l’abîme nocturne ;
Les bouches de la nuit semblaient rugir dans l’air.
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Cette nuit, il pleuvait...
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Les châtiments Livre VII
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I
Sur la terre, tantôt sable, tantôt savane,
L’un à l’autre liés en longue caravane,
Echangeant leur pensée en confuses rumeurs,
Emmenant avec eux les lois, les faits, les mœurs,
Les esprits, voyageurs éternels, sont en marche.
L’un porte le drapeau, les autres portent l’arche ;
Ce saint voyage a nom Progrès. De temps en temps,
Ils s’arrêtent, rêveurs, attentifs, haletants,
Puis repartent. En route ! ils s’appellent, ils s’aident,
Ils vont ! Les horizons aux horizons succèdent,
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La caravane
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Les châtiments Livre VII
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Sa grandeur éblouit l’histoire.
Quinze ans, il fut
Le dieu que traînait la victoire
Sur un affût ;
L’Europe sous sa loi guerrière
Se débattit.
Toi, son singe, marche derrière,
Petit, petit.
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Chanson
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Les châtiments Livre VII
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C’était en juin, j’étais à Bruxelles ; on me dit :
Savez-vous ce que fait maintenant ce bandit ?
Et l’on me raconta le meurtre juridique,
Charlet assassiné sur la place publique,
Cirasse, Cuisinier, tous ces infortunés
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C était en juin j étais à Bruxelles
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Les châtiments Livre VII
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Voici le trou. Voici l’échelle. Descendez.
Tandis qu’au corps de garde en face, on joue aux dés
En riant sous le nez des matrones bourrues ;
Laissez le crieur rauque, assourdissant les rues,
Proclamer le Numide ou le Dace aux abois,
Et, groupés sous l’auvent des échoppes de bois,
Les savetiers romains et les marchandes d’herbes
De la Minerve étrusque échanger les proverbes ;
Descendez.
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L égout de Rome
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Les châtiments Livre VII
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- Qu’es-tu, passant ? le bois est sombre,
Les corbeaux volent en grand nombre,
Il va pleuvoir.
- Je suis celui qui va dans l’ombre,
Le Chasseur Noir !
Les feuilles des bois, du vent remuées,
Sifflent... on dirait
Qu’un sabbat nocturne emplit de huées
Toute la forêt ;
Dans une clairière au sein des nuées,
La lune apparaît.
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Le chasseur noir
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Les châtiments Livre VII
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I
Je disais : - ces soldats ont la tête trop basse.
Il va leur ouvrir des chemins.
Le peuple Aime la poudre, et quand le clairon passe
La France chante et bat des mains.
La guerre est une pourpre où le meurtre se drape :
Il va crier son : quos ego !
Un beau jour, de son crime, ainsi que d’une trappe,
Nous verrons sortir Marengo.
Il faut bien qu’il leur jette enfin un peu de gloire
Après tant de honte et d’horreur !
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La reculade
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Les châtiments Livre VII
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Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.
Quand Josué rêveur, la tête aux cieux dressée,
Suivi des siens, marchait, et, prophète irrité,
Sonnait de la trompette autour de la cité,
Au premier tour qu’il fit le roi se mit à rire ;
Au second tour, riant toujours, il lui fit dire :
- Crois-tu donc renverser ma ville avec du vent ?
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Sonnez, sonnez toujours...
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Les châtiments Livre VI
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Ô grande nation, vous avez à cette heure,
Tandis qu’en bas dans l’ombre on souffre, on râle, on pleure,
Un empire qui fait sonner ses étriers,
Les éblouissements des panaches guerriers,
Une cour où pourrait trôner le roi de Thune,
Une Bourse où l’on peut faire en huit jours fortune,
Des rosières jetant aux soldats leurs bouquets ;
Vous avez des abbés, des juges, des laquais,
Dansant sur des sacs d’or une danse macabre,
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Applaudissement
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Les châtiments Livre VI
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Je m’étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m’éveilla, je sortis de mon rêve,
J’ouvris les yeux, je vis l’étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s’enfuyait emportant la tourmente.
L’astre éclatant changeait la nuée en duvet.
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Stella
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Les châtiments Livre VI
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Au retour des beaux jours, dans ce vert floréal
Où meurent les Danton trahis par les Réal,
Quand l’étable s’agite au fond des métairies,
Quand l’eau vive au soleil se change en pierreries,
Quand la grisette assise, une aiguille à la main,
Soupire, et de côté regardant le chemin,
Voudrait aller cueillir des Fleurs au lieu de coudre,
Quand les nids font l’Amour, quand le pommier se poudre
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Floréal
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Les châtiments Livre VI
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I
Retournons à l’école, ô mon vieux Juvénal.
Homme d’ivoire et d’or, descends du tribunal
Où depuis deux mille ans tes vers superbes tonnent.
Il paraît, vois-tu bien, ces choses nous étonnent,
Mais c’est la vérité selon monsieur Riancey,
Que lorsqu’un peu de temps sur le sang a passé,
Après un an ou deux, c’est une découverte,
Quoi qu’en disent les morts avec leur bouche verte,
Le meurtre n’est plus meurtre et le vol n’est plus vol.
Monsieur Veuillot, qui tient d’Ignace et d’Auriol,
Nous l’affirme, quand l’heure a tourné sur l’horloge,
De notre entendement ceci fait peu l’éloge,
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A Juvénal
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Les châtiments Livre VI
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On dit : - soyez prudents. - Puis vient ce dithyrambe :
« - ... Qui veut frapper Néron
Rampe, et ne se fait pas précéder d’un ïambe
Soufflant dans un clairon.
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On dit : - soyez prudents.
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Les châtiments Livre VI
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« amis et Frères ! en présence de ce gouvernement infâme, négation de
toute morale, obstacle à tout progrès social, en présence de ce
gouvernement meurtrier du peuple et violateur des lois, de ce
gouvernement né de la force, et qui doit périr par la force, de ce
gouvernement élevé par le crime et qui doit être terrassé par le droit,
le Français digne du nom de citoyen ne sait pas, ne veut pas savoir
s'il y a quelque part des semblants de scrutin, des comédies de
suffrage universel et des parodies d'appel à la nation ; il ne
s'informe pas s'il y a des Hommes qui votent et des hommes qui font
voter, s'il y a un troupeau qu'on appelle le Sénat et qui délibère et
un autre troupeau qu'on appelle le peuple et qui obéit ; il ne
s'informe pas si le pape va sacrer au maître-autel de Notre-Dame
l'Homme qui - n'en doutez pas, ceci est l'avenir inévitable - sera
ferré au poteau par le bourreau ; - en présence de M. Bonaparte et de
son gouvernement, le citoyen, digne de ce nom, ne fait qu'une chose et
n'a qu'une chose à faire : charger son fusil et attendre l'heure. »
Jersey, 31 octobre 1852.
(Déclaration des proscrits républicains de Jersey, à propos de l'empire, publiée par Le Moniteur, signée pour copie conforme :
Victor Hugo, FAURE, FOMBERTAUX)
« Nous flétrissons de l'énergie la plus vigoureuse de notre âme les ignobles et coupables manifestes du PARTI DU CRIME.»
(RIANCEY. Journal L'Union, 22 novembre.)
« LE PARTI DU CRIME relève la tête. »
(Tous les journaux élyséens en chœur.)
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Le parti du crime
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Les châtiments Livre VI
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Apportez vos chaudrons, sorcières de Shakespeare
Sorcières de Macbeth, prenez-moi tout l’empire,
L’ancien et le nouveau ; sur le même réchaud
Mettez le gros Berger et le comte Frochot,
Maupas avec Réal, Hullin sur Espinasse,
La Saint-Napoléon avec la Saint-Ignace,
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Apportez vos chaudrons...
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Les châtiments Livre VI
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Il te ressemble ; il est terrible et pacifique.
Il est sous l’infini le niveau magnifique ;
Il a le mouvement, il a l’immensité.
Apaisé d’un rayon et d’un souffle agité,
Tantôt c’est l’harmonie et tantôt le cri rauque.
Les monstres sont à l’aise en sa profondeur glauque ;
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Au peuple
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Les châtiments Livre VI
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Quand tout se fait petit, Femmes, vous restez grandes.
En vain, aux murs sanglants accrochant des guirlandes,
Ils ont ouvert le bal et la danse ; ô nos sœurs,
Devant ces scélérats transformés en valseurs,
Vous haussez, - châtiment ! - vos charmantes épaules.
Votre divin sourire extermine ces drôles.
En vain leur frac brodé scintille, en vain, brigands,
Pour vous plaire ils ont mis à leurs griffes des gants,
Et de leur vil tricorne ils ont doré les ganses,
Vous bafouez ces gants, ces fracs, ces élégances,
Cet empire tout neuf et déjà vermoulu.
Dieu vous a tout donné, femmes ; il a voulu
Que les seuls alcyons tinssent tête à l’orage,
Et qu’étant la beauté, vous fussiez le courage.
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Aux femmes
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Les châtiments Livre VI
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Réveillez-vous, assez de honte !
Bravez boulets et biscayens.
Il est temps qu’enfin le flot monte,
Assez de honte, citoyens !
Troussez les manches de la blouse ;
Les Hommes de quatre-vingt-douze
Affrontaient vingt rois combattants.
Brisez vos fers, forcez vos geôles !
Quoi ! vous avez peur de ces drôles
Vos pères bravaient les Titans !
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A ceux qui dorment
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Les châtiments Livre VI
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Ô temps miraculeux ! ô gaietés homériques !
Ô rires de l’Europe et des deux Amériques !
Croûtes qui larmoyez ! bons Dieux mal accrochés
Qui saignez dans vos coins ! madones qui louchez !
Phénomènes vivants ! ô choses inouïes !
Candeurs ! énormités au jour épanouies !
Le goudron déclaré fétide par le suif,
Judas flairant Shylock et criant : c’est un juif !
L’arsenic indigné dénonçant la morphine,
La hotte injuriant la borne, Messaline
Reprochant à Goton son regard effronté,
Et Dupin accusant Sauzet de lâcheté !
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Eblouissements
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Les châtiments Livre VI
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Nous nous promenions parmi les décombres,
A Rozel Tower,
Et nous écoutions les paroles sombres
Que disait la mer.
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Chanson
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Les châtiments Livre VI
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Prions ! voici l’ombre sereine.
Vers toi, grand Dieu, nos yeux et nos bras sont levés.
Ceux qui t’offrent ici leurs larmes et leur chaîne
Sont les plus douloureux parmi les éprouvés.
Ils ont le plus d’honneur ayant le plus de peine.
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Hymne des transportés
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Les châtiments Livre VI
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Ces Femmes qu’on envoie aux lointaines bastilles,
Peuple, ce sont tes sœurs, tes mères et tes filles !
Ô peuple, leur forfait, c’est de t’avoir aimé !
Paris sanglant, courbé, sinistre, inanimé,
Voit ces horreurs et garde un silence farouche.
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Les martyres
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Les châtiments Livre VI
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Donc c’est fait. Dût rugir de honte le canon,
Te voilà, nain immonde, accroupi sur ce nom !
Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure !
Toi qui n’as jamais pris la fortune qu’à l’heure,
Te voilà presque assis sur ce hautain sommet !
Sur le chapeau d’Essling tu plantes ton plumet ;
Tu mets, petit Poucet, ces bottes de sept lieues ;
Tu prends Napoléon dans les régions bleues ;
Tu fais travailler l’oncle, et, perroquet ravi,
Grimper à ton perchoir l’aigle de Mondovi !
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Napoléon III
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Les châtiments Livre V
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I
Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre :
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L Expiation
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Les châtiments Livre V
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Le plus haut attentat que puisse faire un Homme,
C’est de lier la France ou de garrotter Rome ;
C’est, quel que soit le lieu, le pays, la cité,
D’ôter l’âme à chacun, à tous la liberté.
Dans la curie auguste entrer avec l’épée,
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Le plus haut attentat...
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Les châtiments Livre V
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Elle ne connaissait ni l’orgueil ni la haine ;
Elle aimait ; elle était pauvre, simple et sereine ;
Souvent le pain qui manque abrégeait son repas.
Elle avait trois enfants, ce qui n’empêchait pas
Qu’elle ne se sentît mère de ceux qui souffrent.
Les noirs événements qui dans la nuit s’engouffrent,
Les flux et les reflux, les abîmes béants,
Les nains, sapant sans bruit l’ouvrage des géants,
Et tous nos malfaiteurs inconnus ou célèbres,
Ne l’épouvantaient point ; derrière ces ténèbres,
Elle apercevait Dieu construisant l’avenir.
Elle sentait sa foi sans cesse rajeunir ;
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Pauline Roland
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Les châtiments Livre V
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I
Maintenant il se dit : l’empire est chancelant ;
La victoire est peu sûre.
Il cherche à s’en aller, furtif et reculant.
Reste dans la masure !
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A un qui veut se détacher
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Les châtiments Livre V
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Le chant de ceux qui s’en vont sur la mer
- AIR BRETON -
Adieu, patrie !
L’Onde est en furie.
Adieu, Patrie,
Azur !
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Le chant de ceux qui s’en vont sur la mer
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Les châtiments Livre V
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Le Progrès, calme et fort et toujours innocent,
Ne sait pas ce que c’est que de verser le sang.
Il règne, conquérant désarmé, quoiqu’on fasse.
De la hache et du glaive il détourne sa face,
Car le doigt éternel écrit dans le ciel bleu
Que la terre est à l’Homme et que l’homme est à Dieu ;
Car la force invincible est la force impalpable.
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Le Progrès, calme et fort
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Les châtiments Livre V
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Ces Hommes passeront comme un ver sur le sable.
Qu’est-ce que tu ferais de leur sang méprisable ?
Le dégoût rend clément.
Retenons la colère âpre, ardente, électrique.
Peuple, si tu m’en crois, tu prendras une trique
Au jour du châtiment.
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Les grands corps de l état
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Les châtiments Livre V
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On est Tibère, on est Judas, on est Dracon ;
Et l’on a Lambessa n’ayant plus Montfaucon.
On forge pour le peuple une chaîne ; on enferme,
On exile, on proscrit le penseur libre et ferme ;
Tout succombe. On comprime élans, espoirs, regrets,
La liberté, le droit, l’avenir, le progrès,
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On est Tibère, on est Judas...
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Les châtiments Livre V
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Ô drapeau de Wagram ! ô pays de Voltaire !
Puissance, liberté, vieil honneur militaire,
Principes, droits, pensée, ils font en ce moment
De toute cette gloire un vaste abaissement.
Toute leur confiance est dans leur petitesse.
Ils disent, se sentant d’une chétive espèce :
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Ô drapeau de Wagram...
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Les châtiments Livre V
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LA RAISON
Moi, je me sauve.
LE DROIT
Adieu ! je m'en vais.
L'HONNEUR
Je m'exile.
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Tout s en va
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Les châtiments Livre V
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Oh ! vous dont le travail est joie,
Vous qui n avez pas d’autre proie
Que les parfums, souffles du ciel,
Vous qui fuyez quand vient décembre,
Vous qui dérobez aux Fleurs l’ambre
Pour donner aux Hommes le miel,
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Le manteau impérial
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