Les châtiments Livre III - Un recueil de poésie écrit par Victor Hugo
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Les châtiments Livre III
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Laissons le glaive à Rome et le stylet à Sparte,
Ne faisons pas saisir, trop pressés de punir,
Par le spectre Brutus le brigand Bonaparte.
Gardons ce misérable au sinistre avenir.
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Non
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Les châtiments Livre III
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HARMODIUS
La nuit vient. Vénus brille.
L'ÉPÉE
Harmodius ! c'est l'heure.
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Le bord de la mer
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Les châtiments Livre III
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Ce qu’on appelle Charte ou Constitution
C’est un antre qu’un peuple en révolution
Creuse dans le granit, abri sûr et fidèle.
Joyeux, le peuple enferme en cette citadelle
Ses conquêtes, ses droits, payés de tant d’efforts,
Ses progrès, son honneur ; pour garder ces trésors,
Il installe en la haute et superbe tanière
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A propos de la loi Faider
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Les châtiments Livre III
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L’histoire a pour égout des temps comme les nôtres ;
Et c’est là que la table est mise pour vous autres.
C’est là, sur cette nappe où, joyeux, vous mangez,
Qu’on voit, - tandis qu’ailleurs, nus et de fers chargés,
Agonisent, sereins, calmes, le front sévère,
Socrate à l’Agora, Jésus-Christ au Calvaire,
Colomb dans son cachot, Jean Hus sur son bûcher,
Et que l’humanité pleure et n’ose approcher
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L histoire a pour égout des temps
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Les châtiments Livre III
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Ô Robert, un conseil. Ayez l’air moins candide.
Soyons Homme d’esprit. Le moment est splendide,
Je le sais ; le quart d’heure est chatoyant, c’est vrai ;
Cette Californie est riche en minerai,
D’accord ; mais cependant quand un préfet, un maire,
Un évêque adorant le fils de votre mère,
Quand un Suin, un Parieu, payé pour sa ferveur,
Vous parlant en plein nez, vous appelle sauveur,
Vous promet l’avenir ? atteste Fould et Magne,
Et vous fait coudoyer César et Charlemagne,
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Ô Robert, un conseil.
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Les châtiments Livre III
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- Sentiers où l’herbe se balance,
Vallons, coteaux, bois chevelus,
Pourquoi ce deuil et ce silence ?
- Celui qui venait ne vient plus.
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Sentiers où l herbe se balance
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Les châtiments Livre III
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CHANSON
Pour les bannis opiniâtres,
La France est loin, la tombe est près.
Prince, préside aux jeux folâtres,
Chasse aux Femmes dans les théâtres,
Chasse aux chevreuils dans les forêts ;
Rome te brûle le cinname,
Les rois te disent : mon cousin.
Sonne aujourd’hui le glas, bourdon de Notre-Dame,
Et demain le tocsin !
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L empereur s’amuse
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Les châtiments Livre III
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I
Bien, pillards, intrigants. fourbes, crétins, puissances !
Attablez-vous en hâte autour des jouissances !
Accourez ! place à tous !
Maîtres, buvez, mangez, car la vie est rapide.
Tout ce peuple conquis, tout ce peuple stupide,
Tout ce peuple est à vous !
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Joyeuse vie
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Les châtiments Livre III
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I
À présent que c’est fait, dans l’avilissement
Arrangeons-nous chacun notre compartiment ;
Marchons d’un air auguste et fier ; la honte est bue.
Que tout à composer cette cour contribue,
Tout, excepté l’honneur, tout, hormis les vertus.
Faites vivre, animez, envoyez vos fœtus
Et vos nains monstrueux, bocaux d’anatomie ;
Donne ton crocodile et donne ta momie,
Vieille Egypte ; donnez, tapis-francs, vos filous ;
Shakespeare, ton Falstaff ; noires forêts, vos loups ;
Donne, ô bon Rabelais, ton Grandgousier qui mange ;
Donne ton diable, Hoffmann ; Veuillot, donne ton ange ;
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Splendeur
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Les châtiments Livre III
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" Mais que je suis donc heureux d'être né en Chine ! Je possède une
maison pour m'abriter, j'ai de quoi manger et boire, j'ai toutes les
commodités de l'existence, j'ai des habits, des bonnets et une
multitude d'agréments ; en vérité la félicité la plus grande est mon
partage ! "
Tien-Ki-Chi, lettré chinois
Il est certains bourgeois, prêtres du Dieu Boutique,
Plus voisins de Chrysès que de Caton d’Utique,
Mettant par-dessus tout la rente et le coupon,
Qui, voguant à la bourse et tenant un harpon,
Honnêtes gens d’ailleurs, mais de la grosse espèce,
Acceptent Phalaris par Amour pour leur caisse ;
Et le taureau d’airain à cause du veau d’or.
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Un bon bourgeois dans sa maison
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Les châtiments Livre III
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Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle
Vit entrer l’Homme aux yeux étroits
Que l’histoire appelle - ce drôle, -
Et Troplong - Napoléon trois ;
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Orientale
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Les châtiments Livre III
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Ciel ! après tes splendeurs qui rayonnaient naguère,
Liberté sainte ; après toutes ces grandes guerres,
Tourbillon inouï ;
Après ce Marengo qui brille sur la carte,
Et qui ferait lâcher le premier Bonaparte
A Tacite ébloui ;
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Querelles du sérail
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Les châtiments Livre III
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Ainsi les plus abjects, les plus vils, les plus minces
Vont régner ! ce n’était pas assez des vrais princes
Qui de leur sceptre d’or insultent le ciel bleu,
Et sont rois et méchants par la grâce de Dieu !
Quoi ! tel gueux qui, pourvu d’un titre en bonne forme,
A pour toute splendeur sa bâtardise énorme,
Tel enfant du hasard, rebut des échafauds,
Dont le nom fut un vol et la Naissance un faux,
Tel bohème pétri de ruse et d’arrogance,
Tel intrus entrera dans le sang de Bragance,
Dans la maison d’Autriche ou dans la maison d’Est,
Grâce à la fiction légale is pater est,
Criera : je suis Bourbon, ou : je suis Bonaparte,
Mettra cyniquement ses deux poings sur la carte,
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Ainsi les plus abjects,...
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Les châtiments Livre III
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Un jour, maigre et sentant un royal appétit,
Un singe d’une peau de tigre se vêtit.
Le tigre avait été méchant, lui, fut atroce.
Il avait endossé le droit d’être féroce.
Il se mit à grincer des dents, criant : « Je suis
Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits ! »
Il s’embusqua, brigand des bois, dans les épines ;
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Fable ou histoire
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Les châtiments Livre III
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« M. Victor Hugo vient de publier à Bruxelles un Livre qui a pour titre
: Napoléon le petit, et qui renferme les calomnies les plus odieuses
contre le prince-président.
« On raconte, qu'un des jours de la semaine dernière, un fonctionnaire
apporta ce libelle à Saint-Cloud. Lorsque Louis Napoléon le vit, il le
prit, l'examina un instant avec le sourire du mépris sur les lèvres ;
puis, s'adressant aux personnes qui l'entouraient, il dit, en leur
montrant le pamphlet : "Voyez, messieurs, voici Napoléon-le-petit, par
Victor Hugo-le-grand." »
Journaux Elyséens, août 1852.
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L’homme a ri
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Les châtiments Livre III
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Méditons ! Il est bon que l’esprit se repaisse
De ces spectacles-là. L’on n’était qu’une espèce
De perroquet ayant un grand nom pour perchoir ;
Pauvre diable de prince, usant son habit noir,
Auquel mil-huit-cent-quinze avait coupé les vivres.
On n’avait pas dix sous, on emprunte cinq Livres.
Maintenant remarquons l’échelle, s’il vous plaît :
De l’écu de cinq francs on s’élève au billet
Signé Garat ; bravo ! puis du billet de banque
On grimpe au million, rapide saltimbanque ;
Le million gobé fait mordre au milliard.
On arrive au lingot en partant du liard.
Puis carrosses, palais, bals, festins, opulence ;
On s’attable au pouvoir et l’on mange la France.
C’est ainsi qu’un filou devient Homme d’État.
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Apothéose
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