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Parce que, jargonnant vêpres, jeûne et vigile,
Exploitant Dieu qui rêve au fond du firmament,
Vous avez, au milieu du divin évangile,
Ouvert boutique effrontément ;
Parce que vous feriez prendre à Jésus la verge,
Cyniques brocanteurs sortis on ne sait d’où ;
Parce que vous allez vendant la sainte Vierge
Dix sous avec miracle et sans miracle un sou ;
Parce que vous contez d’effroyables sornettes
Qui font des temples saints trembler les vieux piliers,
Parce que votre style éblouit les lunettes
Des duègnes et des marguilliers ;
Parce que la soutane est sous vos redingotes,
Parce que vous sentez la crasse et non l’œillet,
Parce que vous bâclez un journal de bigotes
Pensé par Escobar, écrit par Patouillet ;
Parce qu’en balayant leurs portes, les concierges
Poussent dans le ruisseau ce pamphlet méprisé ;
Parce que vous mêlez à la cire des cierges
Votre affreux suif vert-de-grisé ;
Parce qu’à vous tout seuls vous faites une espèce ;
Parce qu’enfin, blancs dehors et noirs dedans,
Criant mea-culpa, battant la grosse caisse,
La boue au cœur, la larme à l’œil, le fifre aux dents,
Pour attirer les sots qui donnent tête-bêche
Dans tous les vils panneaux du mensonge immortel,
Vous avez adossé le tréteau de Bobêche
Aux saintes pierres de l’autel,
Vous vous croyez le droit, trempant dans l’eau bénite
Cette griffe qui sort de votre abject pourpoint,
De dire : je suis saint, ange, vierge et jésuite,
J’insulte les passants et je ne me bats point !
Ô pieds plats ! votre plume au fond de vos masures
Griffonne, va, vient, court, boit l’encre, rend du fiel,
Bave, égratigne et crache ; et ses éclaboussures
Font des taches jusques au ciel !
Votre immonde journal est une charretée
De masques déguisés en prédicants camus,
Qui passent en prêchant la cohue ameutée
Et qui parlent argot entre deux oremus.
Vous insultez l’esprit, l’écrivain dans ses veilles,
Et le penseur rêvant sur les libres sommets ;
Et quand on va chez vous pour chercher vos oreilles,
Vos oreilles n’y sont jamais.
Après avoir lancé l’affront et le mensonge,
Vous fuyez, vous courez, vous échappez aux yeux.
Chacun a ses instincts, et s’enfonce et se plonge,
Le hibou dans les trous et l’aigle dans les cieux !
Vous, où vous cachez-vous ? dans quel hideux repaire ?
O Dieu ! l’ombre où l’on sent tous les crimes passer
S’y fait autour de vous plus noire et la vipère
S’y glisse et vient vous y baiser.
Là vous pouvez, dragons qui rampez sous les presses,
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