A un qui veut se détacher |
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I
Maintenant il se dit : l’empire est chancelant ;
La victoire est peu sûre.
Il cherche à s’en aller, furtif et reculant.
Reste dans la masure !
Tu dis : le plafond croule. Ils vont, si l’on me voit,
Empêcher que je sorte.
N’osant rester ni fuir, tu regardes le toit,
Tu regardes la porte ;
Tu mets timidement la main sur le verrou.
Reste en leurs rangs funèbres !
Reste ! la loi qu’ils ont enfouie en un trou
Est là dans les ténèbres.
Reste ! elle est là, le flanc percé de leur couteau,
Gisante, et sur sa bière
Ils ont mis une dalle. Un pan de ton manteau
Est pris sous cette pierre !
Pendant qu’à l’Elysée en fête et plein d’encens,
On chante, on déblatère,
Qu’on oublie et qu’on rit, toi tu pâlis ; tu sens
Ce spectre sous la terre !
Tu ne t’en iras pas ! quoi ! quitter leur maison !
Et fuir leur destinée !
Quoi ! tu voudrais trahir jusqu’à la Trahison,
Elle-même indignée !
Quoi ! tu veux renier ce larron au front bas
Qui t’admire et t’honore !
Quoi ! Judas pour Jésus, tu veux pour Barabbas
Etre Judas encore !
Quoi ! n’as-tu pas tenu l’échelle à ces fripons,
En pleine connivence ?
Le sac de ces voleurs, ne fut-il pas, réponds,
Cousu par toi d’avance !
Les mensonges, la haine au dard froid et visqueux,
Habitent ce repaire ;
Tu t’en vas ! de quel droit ? étant plus renard qu’eux,
Et plus qu’elle vipère !
II
Quand l’Italie en deuil dressa, du Tibre au Pô,
Son drapeau magnifique,
Quand ce grand peuple, après s’être couché troupeau,
Se leva république,
C’est toi, quand Rome aux fers jeta le cri d’espoir,
Toi qui brisas son aile,
Toi qui fis retomber l’affreux capuchon noir
Sur sa face éternelle !
C’est toi qui restauras Montrouge et Saint-Acheul,
Ecoles dégradées
Où l’on met à l’esprit frémissant un linceul,
Un bâillon aux idées.
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