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Heure sainte du soir

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  Heure sainte du soir, que j’Aime ton mystère,
Où l’on sent palpiter quelque chose d’austère,
Quelque chose qui touche à la divinité !
La terre est près du ciel, dans ces heures dernières,
A ce moment auguste où les grandes lumières
Se fondent au couchant avec l’obscurité.

 


La nacre, le carmin, le violet, l’orange,
Se mêlent lentement à l’air d’un gris étrange
Et couvrent l’horizon de reflets chatoyants.
Puis, comme un oiseau gris entr’ouvrant sa grande aile,
Le crépuscule monte au ciel qui se constelle
Et semble un dais énorme émaillé de brillants.

Et dans cette ombre claire encor, la lune étale
La tranquille splendeur de son fin croissant pâle
Dont un fil d’or rejoint les deux extrémités :
Tel un anneau tombé d’une main inconnue
Et qui, fixé soudain par un point dans la nue,
Se balance en jetant mille éclats argentés.

Et ces éclats s’en vont jusqu’au lac qui repose
Danser en se jouant sur le gouffre morose,
Tandis que les grands flots noirs et silencieux,
Inquiets de les voir troubler la nuit livide,
S’efforcent, mais en vain, dans une étreinte humide,
D’éteindre ces rayons qui descendent des cieux.

 




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