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Le Progrès

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  Nous avons beau mêler tous les arts aux sciences,
Nous n’atteignons jamais à tes magnificences,
O nature, si grande et si simple à la fois !
Nous demeurons vaincus par tes divins modèles ;
Nos temples, nos palais, nos œuvres immortelles
Ne valent pas le dôme immense de tes bois.

 



Les plus belles couleurs par l’Homme préparées
Pâlissent à côté des profondeurs nacrées
De quelques gouttes d’eau reflétant le ciel pur ;
La moire qui chatoie et les fines dentelles,
La gaze, le satin n’égalent pas les ailes
D’un papillon brillant qui se perd sous l’azur.

La vapeur que l’on voit dans une course ardente
S’élancer en jetant dans l’air sa voix stridente,
Coursier nourri de flamme et d’un geste dompté,
Ne peut suivre l’oiseau dont le vol se balance
Et qui, sans déchirer l’harmonieux silence,
Traverse en un instant la bleue immensité.

Les milliers de flambeaux à la clarté sereine
Que l’électricité, cette nouvelle reine,
Prête au génie humain pour combattre la nuit,
Valent-ils un rayon de soleil qui s’épanche
Sur un ruisseau qu’il dore à travers une branche
La lune des beaux soirs et l’étoile qui luit ?

Tous les dogmes hardis, les ténébreux systèmes
Inventés à plaisir par les Hommes eux-mêmes
Et qu’on voit, ici-bas, dominer tour à tour,
Peuvent-ils égaler cette croyance auguste
D’un Dieu qui doit punir, car il est saint et juste,
Mais qui sait pardonner parce qu’il est Amour !

 




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