Mon âme s’attarde encore
Création du vide et du manque
Que rechercher dans l’absurde,
La tendresse se fait besoin
Mais les bourgeons éclatent
Les mains implorent pourtant,
La gelée ne l’épargne pas,
Les couleurs meurent en silence
Les empreintes s’effacent
Qui tentent de m’enivrer encore.
Le naufrage m’échoue sur le sable
Je lance des fragments effilés
De détresse dans l’angoisse
Il faut taire les manques,
Les pourquoi et les peut-être,
Il faudrait pouvoir se laisser aller
Et pourquoi ne pas rêver à une aube
Mais le possible est ailleurs,
Dans les marges noircies du songe,
Le possible est gangrené,
Sur l’autel des supplications,
Les embruns l’ont asphyxiée,
Le lierre croît dans ma gorge,
Il me brise de sonorités écarlates,
La sueur retentit de hurlements
Tus dans la nuit esseulée.
Les miasmes se fracassent
Contre l’arrête blessante
Les miroirs sont sans visages
L’horizon est salé, sans tain.
Il faudrait pouvoir passer de l’autre côté du miroir
Et entendre le cri qui effacerait les larmes
Et le sel de nos bouches rougies,
Nos corps s’effleurent en peau de chagrin
Nos cœurs se cognent contre la vague verdâtre,
L’horizon m’éclabousse d’ombres sanguines
Qui se suicide sous la pointe acide de nos doutes.
J’aimerais tant voir fleurir un ailleurs
Mais il faut regarder au dedans de soi,
Il faut pouvoir redresser les contours frissonnants,
Les courbes frémissantes,
Il faut s’égratigner de vie,
Il faudrait pouvoir s’ Aimer.